Les membres de la commission spéciale sur l'intelligence artificielle (IA) à l'ère du numérique (AIDA) du Parlement européen ont discuté, jeudi 30 septembre, de l‘intelligence artificielle et de la stratégie de l’UE en matière de données.
L’attention des parlementaires s’est notamment portée sur la coopération internationale dans ce domaine, alors que des discussions entre l’UE et les États-Unis sur le sujet ont eu lieu, le 29 septembre à Pittsburgh, dans le cadre du Conseil pour le commerce et les technologies (TTC) (EUROPE 12801/20).
Sur cet aspect, les approches semblent diverger entre les différents groupes politiques du Parlement. Du côté du PPE, le Suédois Jörgen Warborn a regretté « qu’il n’y ait pas eu de coordination avec les États-Unis avant que l’UE ne rédige sa propre législation ». « Ça ne doit pas creuser davantage de fossé avec nos voisins américains », a-t-il ajouté.
« L’UE ne doit attendre personne. Il n’y a pas de relation de subordination de l’UE vis-à-vis des États-Unis. Nous avons nos responsabilités dans le cadre du travail parlementaire, nous ne devons pas attendre », lui a répondu Iban García del Blanco (S&D, espagnol).
En arbitre, la Commission européenne a rappelé que, « dans l’idéal », l’UE pourrait « fixer des normes que les organisations de normalisation internationale devraient suivre ». « Il n’est pas question de savoir qui est subordonné à qui », a-t-elle complété.
La majeure partie des familles politiques ont également rappelé leur attachement à une approche basée sur le risque et centrée sur l’humain en matière d’IA et de données.
« Nous devons créer un écosystème transparent, de confiance, avec des règles, afin que ce ne soit pas les mêmes grands acteurs qui s’accaparent et orientent l’innovation », a insisté Miapetra Kumpula-Natri (S&D, finlandaise).
Enfin, la Commission a précisé que des propositions concernant certains aspects se rapportant à la stratégie pour les données - de sorte à atteindre les objectifs numériques à l’horizon 2030 (EUROPE 12791/14) - seraient présentées en décembre. (Thomas Mangin)