Face à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe réunie en plénière à Strasbourg, Nikola Dimitrov, vice-premier ministre chargé des Affaires européennes de la Macédoine du Nord, est resté silencieux pendant seize secondes, ce jeudi 30 septembre, pour « illustrer les seize années » écoulées depuis la candidature de son pays à l’Union européenne (2005) sans pouvoir, à ce jour, « commencer le voyage ».
La Macédoine du Nord est « l’exemple le plus radical du mauvais côté de la politique d’extension de l’Union européenne », dit-il, et « il est vraiment temps d’aller de l’avant », car « la promesse non tenue » de l’UE « affaiblit les forces pro-européennes et rend d’autres forces – probablement plus nationalistes – plus solides ». Il appelle les dirigeants européens à « envoyer un signal politique fort » lors du sommet sur les Balkans occidentaux prévu en Slovénie le 6 octobre.
Même tonalité du côté des groupes politiques de l’Assemblée parlementaire lors du débat sur le rôle du Conseil de l’Europe face aux aspirations européennes des Balkans occidentaux.
« L’Europe a failli », a déclaré le Grec George Katrougalos au nom de la Gauche unitaire européenne, « l’Union doit être consciente de la nécessité de sortir de l’impasse », a dit le socialiste italien Piero Fassino ; « il faut des promesses claires et concrètes », a souligné la libérale autrichienne Stephanie Krisper avant que le Polonais Aleksander Pociej ne réclame, au nom du Parti populaire européen, « un engagement très fort de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe ».
Pour le Conseil de l’Europe, cet engagement s’appuiera sur les travaux de la Commission de Venise et sur ceux de ses organes de lutte contre la corruption, les discriminations, etc. (Véronique Leblanc)