Les ministres européens chargés de la Recherche ont pris part, lundi 19 juillet, à une réunion informelle, de nouveau consacrée à la refonte de l'espace européen de la recherche (EER).
Ce temps d’échange a été l’occasion de faire un point sur les mesures que les uns et les autres entendent adopter pour donner forme au nouvel EER (EUROPE 12571/9) : il a principalement été question de mettre en œuvre des initiatives financières, d’autres liées aux infrastructures ainsi que des mesures « douces » – des discussions au niveau européen, des partages de meilleures pratiques, etc. –, a résumé la ministre slovène de l'Éducation, des Sciences et des Sports, Simona Kustec, qui présidait la réunion.
Les ministres ont en outre pris acte du projet de « pacte » européen pour la R&I, adopté deux jours plus tôt par la Commission européenne et présenté comme « le premier jalon dans notre quête d'un Espace européen de la recherche simplifié et plus efficace » par la commissaire compétente, Mariya Gabriel.
Ce texte, non contraignant, devra encore être formellement approuvé par les Vingt-sept. La Présidence slovène s’est engagée à faire en sorte que cette adoption intervienne dans le cadre de son mandat.
Le « pacte » définira les valeurs et les principes que l’UE souhaiterait voir appliqués dans les systèmes nationaux de recherche et d'innovation. Nombre des principes énoncés ont déjà fait l’objet de discussions au niveau des ministres : la liberté scientifique (EUROPE 12585/15), la libre mobilité des chercheurs (EUROPE 12729/3), notamment, mais aussi la prise en compte de l’égalité de genre – dans les équipes de recherche comme « dans le contenu de la recherche », précise le projet de « pacte ».
Ce dernier détaillera les actions à entreprendre en priorité. Il devrait notamment réaffirmer l’importance de généraliser le libre accès aux publications scientifiques et aux données de recherche, de développer davantage le libre accès aux infrastructures de recherche européennes et nationales, d'exploiter les synergies entre recherche et industrie ou encore de sécuriser les investissements à long terme.
Enfin, en adoptant ce « pacte », les ministres devraient consentir à mettre en place un système de suivi des mesures mises en œuvre et confirmer leur engagement à porter les dépenses totales en matière de recherche et de développement à 3% du PIB de l'UE.
Ne pas oublier les « fondements essentiels »
Lundi, le Conseil européen de la recherche – dont le président participait à la réunion informelle des ministres – a également réagi publiquement au projet de « pacte », estimant que ce dernier risquait de « négliger les fondements essentiels de l’EER ». Le Conseil a regretté que l’accent ne soit pas mis davantage sur l’importance de fournir un financement de base suffisant aux universités et aux institutions de recherche.
« Développer l'excellence et contribuer au renforcement des capacités sont des objectifs louables qui viennent en complément, mais ne peuvent remplacer le renforcement des centres européens existants qui ont atteint l'excellence. Toutes ces conditions sont nécessaires pour que l'Europe reste attractive et compétitive à l'échelle mondiale », a soutenu l’institution dans un communiqué.
Les États membres doivent adopter une perspective à long terme, insiste-t-elle, rappelant que « les pays qui bénéficient aujourd'hui de bonnes conditions de recherche n'y parviennent que grâce à des investissements judicieux et patients sur de nombreuses années ».
Pour consulter le projet de « pacte » : https://bit.ly/2UV1vWy (Agathe Cherki)