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Bulletin Quotidien Europe N° 12765
Sommaire Publication complète Par article 13 / 25
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Rien n’indique qu’un réseau d’hydrogène paneuropéen à grande échelle serait justifié, souligne un document de synthèse de l’ACER

Plusieurs études relatives aux aspects techniques et financiers du réaménagement (‘repurposing’) des infrastructures gazières existantes pour l’hydrogène sont arrivées à la conclusion selon laquelle rien n’indique qu’un réseau d’hydrogène paneuropéen à grande échelle serait justifié, note l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) dans un document de synthèse publié le 16 juillet.

Analysant 24 études réalisées par divers acteurs (industrie du gaz, institutions publiques, industrie de l’hydrogène, universitaires, groupes de réflexion…), ce document souligne l’existence de « visions divergentes de l’étendue future des réseaux d’hydrogène pur », allant d’une infrastructure de transmission paneuropéenne à grande échelle à des systèmes régionaux de type cluster, traitant l’offre et la demande d’hydrogène à proximité géographique.

Et d’ajouter : « plusieurs études concluent que, sur la base de la demande d’hydrogène industriel, de la technologie et des hypothèses de coût, rien n’indique qu’un réseau d’hydrogène paneuropéen à grande échelle serait justifié ».

En outre, le réaménagement des infrastructures de gaz naturel pour transporter de l’hydrogène pur devra remplir certaines conditions, précise l’ACER.

Parmi celles-ci : la présence de lignes « parallèles » dans les réseaux de gazoducs naturels, de sorte qu’au moins une ligne puisse être reconvertie pour l’hydrogène pur ; la garantie de la sécurité de l’approvisionnement en gaz naturel des consommateurs pendant la phase de conversion à l’hydrogène pur ; l’adoption par le marché de l’hydrogène dans la zone desservant un corridor d’hydrogène pur.

Or, « on ne sait pas quand et où ces conditions de reconversion seront remplies en Europe ni même si elles le seront », soulignent les régulateurs.

Ils plaident par conséquent pour une « approche prudente » dans la phase de mise en œuvre des corridors d’hydrogène pur, où le réaménagement des infrastructures serait déclenché par des engagements convaincants sur le marché de l’hydrogène et des attentes en matière de demande. 

Parmi les autres observations issues de son analyse, l’ACER note qu’en règle générale, le réaménagement ne présente pas de défis techniques insurmontables et est moins cher que la construction « à partir de zéro » de nouvelles infrastructures dédiées à l’hydrogène.

Concernant le transport de l’hydrogène, les études examinées montrent que la distance et le volume sont les principaux facteurs déterminant le mode de transport le plus rentable.

Sur cette base, il apparait que le transport d’hydrogène liquéfié pur par bateau n’est pas rentable à l’heure actuelle. « Le transport de l’hydrogène en tant que composant de l’ammoniac semble être considérablement moins coûteux », indique l’ACER.

Voir le document de l’ACER : https://bit.ly/36Nr9yV (Damien Genicot)

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