La proposition visant à bannir l’utilisation des cages pour l’élevage des animaux pose des problèmes à plusieurs ministres de l’Agriculture de l’UE, a révélé un débat, lundi 19 juillet, au sein du Conseil de l’UE.
La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a promis, lors du Conseil 'Agriculture', que des soutiens seront accordés aux agriculteurs pour les aider à mettre un terme à l’élevage des animaux dans des cages.
La Commission européenne s’est engagée à présenter, d'ici fin 2023, une proposition législative visant à supprimer progressivement et à interdire l'utilisation de systèmes de cages pour tous les animaux d’élevage (EUROPE 12752/10).
La commissaire Stella Kyriakides a jugé « historique » la décision de la Commission qui vise à répondre aux attentes des citoyens. Elle a reconnu que la transition impliquera des changements importants pour les exploitants. « Nous évaluerons les conséquences sociales, économiques et environnementales de la proposition », a-t-elle ajouté. Elle a estimé qu’il sera crucial d’aider les agriculteurs lors de cette transition.
Mme Kyriakides a encouragé les pays de l’UE à utiliser les programmes de développement rural et les futurs écorégimes pour soutenir les agriculteurs dans ces changements de pratiques vers un élevage sans cages. La Commission prévoit aussi des « mesures d’aides spécifiques » dans plusieurs domaines, dont la PAC, le commerce et l’innovation.
Le Luxembourg a soutenu la proposition de la Commission en faveur de la fin des cages, de même que la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, ou encore la Grèce.
Chypre a préconisé une période transitoire assez importante. La Roumanie et la Slovaquie ont demandé aussi une étude d’impact, des périodes transitoires et des aides de la PAC pour interdire les cages.
L'interdiction des cages n'est pas forcément la meilleure solution, a rétorqué l'Estonie, qui a conseillé notamment de réduire la densité des élevages.
La Hongrie a évoqué des coûts très importants et le risque de voir la production diminuer en raison de cette interdiction.
Plusieurs pays, dont l'Italie, la Grèce, l’Espagne et la France, ont attiré l'attention sur les importations en provenance de pays tiers qui ne respectent pas des normes aussi strictes que celles de l’UE. Il faut garantir une réciprocité maximale pour éviter de pénaliser les productions européennes, a dit notamment l’Italie.
Par ailleurs, l’Autriche, soutenue par les ministres belge, chypriote, allemand, luxembourgeois et slovaque, a proposé des pistes d’amélioration du bien-être des dindes. La Commission a estimé que les dindes seront incluses dans la révision de la législation sur le bien-être animal en 2023.
Poussins mâles. « L’année 2022 sera l’année de la fin du broyage et du gazage des poussins mâles. La France sera ainsi le premier pays au monde, avec l’Allemagne, à mettre fin à l’élimination des poussins mâles », a salué lundi le ministre français, Julien Denormandie.
Les délégations allemande et française, soutenues par les délégations autrichienne, espagnole, irlandaise, luxembourgeoise et portugaise, ont demandé à la Commission de lancer les travaux en vue de l'interdiction, au niveau de l'UE, de la mise à mort des poussins mâles pour la production de poules pondeuses.
Selon la France, la méthode du sexage in ovo permet de sélectionner uniquement les femelles. La Finlande a soutenu cette initiative franco-allemande, de même que la Belgique, les Pays-Bas et la Grèce.
Mme Kyriakides a parlé d’un sujet « perturbant ». Elle a encouragé l’utilisation du sexage in ovo et relevé que plusieurs pays de l’UE interdisent la mise à mort des poussins mâles d’un jour. La Commission va étudier les modifications de la législation à apporter.
Lien vers le communiqué du ministère français sur les poussins mâles : https://bit.ly/3BiYG29 (Lionel Changeur)