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Bulletin Quotidien Europe N° 12765
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POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

Le secteur spatial européen continue à perdre du terrain dans la concurrence internationale

Le secteur spatial européen a connu une baisse importante de son activité durant l’année 2020 en raison de la pandémie, selon les chiffres d’Eurospace publiés lundi 19 juillet. L'Europe continue a perdre du terrain face à ses principaux concurrents internationaux.

Au total, l'industrie spatiale européenne a enregistré une baisse de son chiffre d'affaires de 1 milliard d'euros en 2020, soit 13% de moins que l'année précédente, un fait sans précédent depuis que l'étude annuelle d'Eurospace a été lancée en 1991, peut-on lire.

Ainsi, dans le domaine des lancements, l’organisation constate que l’Europe est passée, en tonnes (seul critère pour permettre une comparaison internationale dans l’activité spatiale), de la troisième position en 2015 à la quatrième en 2019. Dans le même temps, la Chine a dépassé la Russie et occupe désormais la deuxième position.

L’activité européenne de lancement représente 5% de l’activité mondiale. La production européenne d’engins spatiaux représente 3% de l’activité mondiale, le vieux continent se disputant la troisième position avec le Japon, loin derrière la Chine et la Russie.

Sur la même année, les États-Unis creusent l’écart vis-à-vis des autres puissances mondiales en raison du déploiement de la méga-constellation américaine Starlink (environ 200 tonnes produites et envoyées en orbite), projetant les États-Unis loin devant les autres puissances spatiales. Ainsi, les États-Unis représentent 61% de l’activité mondiale dans la production d’engins spatiaux et 57% de l’activité de lancement mondiale.

« L'une des principales raisons de cette situation est la différence entre les programmes institutionnels (…) Le secteur spatial chinois, le secteur spatial russe, le secteur spatial américain : tous bénéficient d'un volume d'activité (institutionnelle) qui est cinq, six, sept, huit fois plus important que celui de l'Europe » a rappelé Pierre Lionnet, économiste et directeur de recherche à Eurospace. Pour l’organisation, le projet d’une mégaconstellation européenne pourrait en partie combler ce retard.

Deuxième puissance spatiale au monde ?

Interrogé par EUROPE sur les différences de perception entre la Commission européenne et celle d’Eurospace quant à la place du secteur spatial européen sur la scène internationale – le commissaire au Marché intérieur n’ayant de cesse d’affirmer que l’Europe occupe la deuxième place –, l’économiste l’explique par une mauvaise analyse de départ. Les évaluations sont faites sur les taux de change du marché et non les parités de pouvoir d’achat, selon lui.

Par exemple, « le programme chinois lance un rover sur la face cachée de la Lune, un rover sur Mars, et plus de 100 tonnes de vaisseaux spatiaux par an, dont la moitié est militaire, ils ont 8 familles de lanceurs opérationnels, ils ont 3 sites de lancement plus deux en développement, ils ont une industrie forte de 200 000 personnes. Et nous disons que nous sommes au-dessus d'eux. (...) C'est complètement disruptif en termes de logique et c'est pour moi une source d'inquiétude depuis de nombreuses années » a-t-il commenté.

Pour consulter l’étude : https://bit.ly/2TlLQ21 (Pascal Hansens)

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