La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en déplacement en République tchèque, lundi 19 juillet, a estimé qu’il serait « complètement inacceptable » s’il s’avérait que le gouvernement hongrois de Viktor Orbán s’était livré à des pratiques d’espionnage de journalistes, notamment ceux qui se montrent critiques envers le pouvoir.
Elle réagissait à une enquête menée par un consortium de médias internationaux, publiée le 19 juillet sous le nom de ‘projet Pegasus’ et accusant plusieurs gouvernements, dont le gouvernement hongrois, d’avoir utilisé le logiciel espion de la société israélienne NSO pour surveiller des journalistes, des propriétaires de médias ou des avocats, sous couvert de lutte contre des menaces à la sécurité intérieure.
« Les États membres sont tenus de veiller à la sécurité nationale et d’assurer le plein respect des droits de l’Homme et de la confidentialité », a réagi Christian Wigand, porte-parole de la Commission chargé de la Justice et des droits fondamentaux. Les enquêtes sur ces pratiques restant « une compétence nationale », la Commission suivra en tout cas cela « de très près ». « Nous verrons s’il y a un suivi à faire au niveau de la Commission », a ajouté le porte-parole.
« Pegasus est connu comme un logiciel particulièrement intrusif parce qu’il peut aspirer, en toute discrétion, e-mails, liste de contacts, localisation géographique, SMS, appels téléphoniques, documents, photographies », explique le journal Le Monde. NSO assure que « son usage doit être réservé à la lutte contre le terrorisme et le crime organisé », mais la liste de numéros surveillés est plus large que les seuls criminels.
Le porte-parole de la Commission a indiqué que la situation de la presse en Hongrie et dans les autres États membres figurerait en bonne place du nouveau rapport annuel sur l’État de droit prévu ce 20 juillet. (Solenn Paulic)