L'extrême droite eurosceptique est-elle sur le point de former un nouveau groupe au Parlement européen ? À défaut d'être abordée dans l'hémicyle, la question revient régulièrement dans les couloirs et les salles de presse du Parlement à Strasbourg depuis lundi 5 juillet.
16 partis nationaux, parmi lesquels le Fidesz du Hongrois Viktor Orbán et le Rassemblement national mené par la Française Marine Le Pen, ont en effet publié, vendredi 2 juillet, une déclaration commune (EUROPE 12754/3) présentée comme une « base pour un travail commun culturel et politique » et adressée « à tous les partis et groupes qui partagent [leur] vision ».
Pour Manuel Bompard (GUE/NGL, français), cette démarche dénote bien « une certaine forme de recomposition politique à l'extrême droite au sein du Parlement ».
« On regarde ça avec pas mal d'inquiétude. Si cette tentative allait jusqu'au bout, elle permettrait de constituer le troisième plus grand groupe », a-t-il indiqué à quelques journalistes.
D'autres observateurs y voient seulement un désir de se faire entendre, sans réelle volonté d'aller plus loin.
« Jusqu'à présent, il n'y a aucune nouvelle de la possibilité d'avoir un nouveau groupe. La seule chose que nous avons reçue, c'est la déclaration », a nuancé lundi le porte-parole du Parlement, Jaume Duch Guillot.
« Personnellement je ne sais pas ce qu'il va se passer, s'ils peuvent former ce groupe. Ils sont restés assez vagues sur ce point dans leur formulation, nous verrons bien », a commenté, de son côté, le président du PPE au Parlement, l'Allemand Manfred Weber.
Pour lui, la seule chose qui rassemble ces partis est « l'égoïsme national ». Les uns, a-t-il rappelé, admirent Vladimir Poutine quand d'autres le craignent, certains plaident pour l'inclusion de la Serbie au sein de l'UE tandis que les autres affichent leurs réticences quant à un élargissement vers l'Est.
« Trop de questions les séparent », a également indiqué l'eurodéputée Sylvie Guillaume (S&D, française), reconnaissant que leur rassemblement serait significatif en termes de présence, mais pas de contenu.
Également interrogé par la presse sur le sujet, le Premier ministre slovène, Janez Janša, de passage au Parlement (EUROPE 12756/1), s'est contenté d'insister sur le fait qu'il n'y avait pas de parti qui soit plus légitime qu'un autre et qu'il faudrait veiller, notamment dans le cadre de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, à n'exclure personne d'emblée.
Sur le plan institutionnel, le seul changement qui devrait être confirmé dans les jours à venir est le départ de deux eurodéputées italiennes du groupe ID pour le PPE (voir autre nouvelle dans ce bulletin). La procédure est bien en cours, a confirmé mardi à EUROPE une source européenne. (Agathe Cherki)