Quelque 16 partis d’extrême droite nationaux ont signé une déclaration commune, vendredi 2 juillet, pour défendre l’Europe des nations contre la création d’un « super-État » européen qui serait en cours de préparation dans le cadre de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.
Parmi les signataires, figurent notamment le parti hongrois Fidesz du Premier ministre Viktor Orbán (qui, jusqu’il y a peu, comptait parmi les membres du PPE – EUROPE 12681/16), La Lega italienne de Matteo Salvini, le parti PiS polonais du Premier ministre Mateusz Morawiecki ou encore le Rassemblement national français de Marine Le Pen.
Selon la déclaration commune, l’objectif est de défendre les souverainetés nationales face aux forces « radicales » qui instrumentaliseraient le projet européen, peut-on lire. Les signataires dénoncent notamment une volonté de transformer les sociétés culturellement et religieusement, n’hésitant pas à entrevoir une « ingénierie sociale invasive » (‘invasive social engineering’) du passé à l'œuvre avec une « suractivité moraliste » ('moralistic overactivity').
Et d’égrainer quelques points de lutte, comme : la protection de la culture judéo-chrétienne ; la famille, qui devrait – toujours selon les signataires – être soutenue contre l’immigration « massive ». D’une manière générale, ils dénoncent les tentatives de contourner la prise de décision par consensus pour créer une nouvelle forme d’« oligarchie ».
La déclaration a été publiée sur Twitter, notamment par la ministre hongroise à la Politique familiale, Katalin Novák, qui a rappelé en commentaire l’importance de se sentir « chez soi » dans un continent « chrétien ».
Le projet d'une telle alliance n'est pas nouveau. En 2019, Matteo Salvini essayait de constituer une alliance des forces ultraconservatrices avec celles d'extrême droite en vue des élections européennes (EUROPE 12731/7). À l'époque, l'opération n'avait pas connu un franc succès.
Avant cela, Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders avaient déjà tenté de constituer un nouvel axe anti-UE en vue des élections de 2014 (EUROPE 10962/8). En 2004, c'était Jean-Marie Le Pen qui essayait de constituer un axe d'extrême droite avec ses homologues polonais, belge et britannique (EUROPE 8697/13).
Pour voir la lettre : https://bit.ly/3xhqYre (Pascal Hansens)