Bien que la Commission européenne ait déjà recommandé l'approbation de la moitié des plans nationaux de relance, le groupe Verts/ALE au Parlement européen maintient la pression sur l'institution de l'UE afin que celle-ci fasse respecter la lettre et l'esprit du règlement instaurant la Facilité pour la relance et la résilience, l'instrument budgétaire au cœur du Plan de relance européen Next Generation EU.
Le travail d'évaluation des plans nationaux de la Commission va « grosso modo dans la bonne direction », a relevé l'Espagnol Ernest Urtasun, jeudi 1er juillet, devant quelques journalistes. Il a néanmoins fait valoir « un risque de 'greenwashing' » et d'infraction au principe transversal de ne pas nuire au climat ('do no harm'), en écho à une lettre du groupe politique adressée début juin à la Commission (EUROPE 12732/5). Il a évoqué des projets problématiques liés au charbon en Espagne ou visant à améliorer l'efficacité énergétique de systèmes de chauffage basé sur les énergies fossiles en Croatie.
Pour l'Allemand Damian Boeselager, de nombreuses recommandations de politique socio-économique par pays n'ont pas été reprises dans les plans nationaux. Il a cité le cas de la réforme des retraites en Allemagne, en Belgique et en France, la question de la planification fiscale au Luxembourg et la concurrence dans le secteur des services en Espagne.
Sa compatriote Alexandra Geese, quant à elle, a estimé que les plans de relance manquaient de précision dans l'identification des mesures en faveur de l'égalité de genre et des moyens financiers alloués pour les concrétiser. 80% de l'argent servira à créer des emplois industriels où les hommes prédominent, a-t-elle noté.
M. Boeselager a dit ne pas s'attendre à des surprises dans l'évaluation des plans nationaux au Conseil de l'UE, une fois la recommandation présentée par la Commission. Selon lui, le rôle du Conseil sera accru au moment d'approuver périodiquement le versement des tranches d'aide financière en fonction du respect des jalons inscrits dans les plans de relance.
Le maintien de la pression sur la Commission vise à empêcher « les différences de traitement » entre les États membres, a indiqué Damian Boeselager. Selon lui, des modifications importantes aux plans italien et espagnol ont été apportées, alors que le plan allemand a subi peu de changements.
Mardi 13 juillet, le Conseil 'Écofin' devrait adopter définitivement une douzaine de plans nationaux, une étape indispensable avant les premiers versements de l'aide financière de l'UE.
Plus d'informations sur les plans dont l'analyse est finalisée : https://bit.ly/3gG3k0D (Mathieu Bion)