Les organisations professionnelles de l’UE se montrent plus ou moins satisfaites des résultats des négociations sur la nouvelle politique agricole commune (PAC) (EUROPE 12753/6).
Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) estiment que l’accord politique trouvé est équilibré et qu’il respecte le volet économique de la PAC et l’autonomie stratégique de l’UE. Mais le Copa-Cogeca se dit aussi vigilant sur l’alignement avec le pacte vert européen et sur la conditionnalité sociale. Le diable est dans les détails, prévient l’organisation, qui réserve une réaction plus complète sur l’accord à un stade ultérieur, alors que « de nombreux points litigieux » seront discutés lors des délibérations techniques à venir.
Pour Via Campesina, le constat est déjà clair : le texte ne contient pas les outils nécessaires pour atteindre la durabilité sociale, économique et environnementale nécessaire. L’organisation paysanne estime que cette réforme ne permet pas d’atteindre les objectifs du 'Pacte vert européen' et des stratégies 'de la ferme à la table' et 'biodiversité'. De plus, elle regrette l’absence de politiques publiques de régulation et de contrôle de la production et de stabilisation du marché.
Le Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA), quant à lui, se félicite de la décision des négociateurs d’augmenter le soutien aux jeunes agriculteurs : une « décision importante, qui constitue une étape majeure pour fournir aux jeunes les outils adéquats pour développer leurs activités agricoles tout en bénéficiant de meilleures conditions de vie ».
Le centre de réflexion Farm Europe salue aussi un accord qui permet de préserver le caractère commun de la PAC et impulse une réelle ambition économique et environnementale en améliorant très sensiblement les propositions initiales de la Commission européenne.
Pour l’European Milk Board (EMB), l’inscription dans l’organisation commune des marchés (OCM) de la réduction volontaire des volumes comme instrument de gestion de crise ainsi que des observatoires du marché « crée les conditions pour détecter plus rapidement les crises et pour y réagir ».
Les producteurs de vins sous appellations (EFOW) se disent, eux, satisfaits de l’issue des négociations, qui ont permis de renforcer le cadre réglementaire pour les vins d’appellation, en particulier en ce qui concerne le prolongement et l’amélioration du dispositif des autorisations de plantation, le maintien d’une spécificité viticole en termes d’étiquetage des calories et ingrédients et la consolidation des actions promotionnelles pour les appellations dans les pays tiers.
Enfin, les producteurs de betterave sucrière (CIBE) regrettent que les discussions n’aient « malheureusement pas conduit à une décision adéquate et concrète pour rendre le sucre éligible à l’intervention publique ». Ils attendent désormais les recommandations du groupe de haut niveau sur le sucre. (Lionel Changeur)