Les députés européens ont plaidé, mardi 6 juillet, pour une action plus incisive à l’échelle européenne pour lutter contre l’ingérence étrangère dans les processus démocratiques, en particulier contre la désinformation.
« Vulnérables à ces attaques, perméables à ces ingérences, nos démocraties courent un risque majeur et la prévention des menaces et la réponse à ces attaques sont d’une importance capitale », a souligné le président de la commission spéciale INGE, Raphaël Glucksmann (S&D, français).
« L’UE doit appliquer une stratégie de défense de la démocratie, à appliquer dès maintenant », a estimé Pierfrancesco Majorino (S&D, italien).
Pour Viola von Cramon-Taubadel (Verts/ALE, allemande), l’UE doit agir avec des structures au sein desquelles les États membres pourront synchroniser leurs politiques et rendre le coût de l’ingérence plus élevé pour ses auteurs.
« L’UE n’est qu’au début du chemin pour atténuer les menaces », a rappelé Sandra Kalniete (PPE, lettone). Comme plusieurs eurodéputés, elle a demandé un budget et des moyens supplémentaires pour les équipes de communication stratégique du Service européen pour l’action extérieure.
« Il faut collaborer pour donner à l’Europe les instruments nécessaires pour combattre ces actions (...), attaquer ceux qui nous attaquent, qu’ils soient à Pékin ou à Moscou », a ajouté Marco Dreosto (ID, italien), qui a souligné la nécessité de renforcer la synergie avec l’OTAN. Pour Thierry Mariani (ID, français), l’UE doit aussi lutter contre l’ingérence des États-Unis. Il s’est dit « inquiet du climat qui fait que lorsque l’on tord l’opinion majoritaire, on est taxé d’être des agents de l’étranger ».
Pour Clare Daly (La Gauche, irlandaise), la situation est plus complexe que ‘vérité versus désinformation’ et chaque partie essaie d’avancer sa propre version de la vérité. Il faut « lutter contre la désinformation et non pas censurer », a aussi prévenu M. Dreosto.
Le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, a reconnu qu’il fallait faire beaucoup plus, rappelant que cela prendrait du temps. Revenant sur la possibilité de sanctions envers les auteurs de désinformation, il a rappelé qu’il n’était pas simple de définir le concept de désinformation, mais que l'UE y travaillait. (Camille-Cerise Gessant)