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Bulletin Quotidien Europe N° 12753
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RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / Banques

L'anticipation du risque de crédit demeure la priorité, rappelle Andrea Enria

Même si le scénario du pire semble écarté à la faveur d'un rebond économique plus marqué que prévu, les banques européennes, qui demeurent bien capitalisées, doivent continuer d'évaluer, de la façon la plus proactive possible et client par client, le risque de crédit dérivant de la pandémie de Covid-19, a estimé le président du Conseil de supervision unique au sein de la BCE, Andrea Enria, jeudi 1er juillet.

« Notre objectif principal en tant que superviseur demeure celui de nous assurer que les banques soient capables d'identifier et de gérer, à un stade précoce, tout type de risque de crédit pouvant émerger », a déclaré M. Enria lors d'un dialogue avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

En réponse à des questions de Jónas Fernandez (S&D, espagnol) et de Michiel Hoogeveen (CRE, néerlandais), il a indiqué que le superviseur bancaire unique en zone euro s'attendait à une poussée des stocks de prêts bancaires non performants ('non performing loans' ou NPL) moindre par rapport à ce qui avait été anticipé à l'automne 2020.

« Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas une augmentation significative des NPL. Il faut se préparer et la meilleure façon est d'adopter des mesures préventives, d'être proactif en restant en contact avec les clients, d'être attentif en matière de classification des clients en difficulté », a indiqué M. Enria. Il a mis en avant « l'efficacité » de mesures prudentielles en place pour gérer et contenir l'augmentation des prêts non performants, telles que l'élaboration d'un échéancier en matière de provisionnement ('calendar provisioning').

Le président du Conseil de résolution unique a aussi rappelé la nécessité pour l'UE de se doter, pour nettoyer les bilans bancaires des NPL, d'instruments tels que la création de sociétés de défaisance ('asset management companies') ou le recours à la titrisation, assortis parfois de garanties publiques (EUROPE 12590/16).

« Plus nous aurons un cadre européen en la matière, mieux ce sera », a-t-il estimé.

Dividendes. L'embellie économique s'annonçant meilleure que prévu, M. Enria a préconisé un retour graduel à la normale, notamment en matière de versement des dividendes.

« En l'absence d'évolution défavorable importante, nous prévoyons d'abroger notre recommandation à la fin du troisième trimestre de 2021 et de revenir à l'examen des dividendes et des rachats d'actions dans le cadre de notre processus normal de surveillance », a-t-il indiqué.

S'exprimant plus tôt devant les eurodéputés en qualité de présidente du Comité européen du risque systémique, Christine Lagarde avait également évoqué cette possibilité.

Fin 2020, la BCE avait demandé de limiter au maximum la distribution de dividendes jusqu'en septembre 2021 (EUROPE 12624/6).

Union bancaire. Par ailleurs, M. Enria a réitéré l'importance de parachever l'union bancaire en zone euro, alors que l'Eurogroupe n'est pas parvenu à arrêter un programme de travail spécifique en raison des élections législatives allemandes de septembre (EUROPE 12745/12).

« La segmentation persistante de nos marchés bancaires, qui est déterminée dans une large mesure par des contraintes législatives reflétant la nature nationale des systèmes de garantie des dépôts bancaires, constitue une inefficacité importante qui finit par être payée par les clients des banques », a-t-il estimé.

Euro numérique. Danuta Hübner (PPE, polonaise) l'a interrogé sur l'impact d'un euro numérique sur le secteur bancaire.

Si la BCE décide de poursuivre les travaux menant à la création d'un euro numérique, celui-ci ne doit pas entraîner de « fuite des dépôts » bancaires, qui conduirait à une instabilité accrue du système financier, a indiqué M. Enria. Il a préconisé des mesures telles que l'instauration de limites maximales pour le portefeuille d'euro numérique ainsi que des pénalités si ces limites sont dépassées.

« L'euro numérique ne doit pas être un concurrent direct pour les banques », a-t-il souligné.

Fin juin, le membre du Directoire de la BCE chargé de ce dossier, Fabio Panetta, avait évoqué des discussions relatives à un portefeuille de 2 000 ou 3 000 euros qui permette de réaliser des paiements, mais pas des investissements (EUROPE 12750/26). (Mathieu Bion)

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