Mandaté fin 2020 par le sommet de la zone euro (EUROPE 12621/3), l'Eurogroupe n'a pas atteint l'objectif fixé d'arrêter, au premier semestre 2021, un programme de travail complet et ambitieux visant à parachever l'union bancaire en zone euro via notamment la mise sur pied d'un système européen de garantie des dépôts (EDIS).
Ce constat, acté la semaine dernière lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro (EUROPE 12743/8), est dû, entre autres, à la proximité des élections législatives allemandes, qui limitent la prise de décision par la principale économie de l'Eurozone.
Dans sa lettre adressée au sommet de la zone euro qui se réunira vendredi 25 juin, le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, reconnaît l'absence de consensus sur un programme de travail « suffisamment ambitieux et qui fournisse une direction claire des travaux pour les années à venir », l'horizon défini étant le mandat actuel des institutions européennes fixé à 2024.
Il promet de travailler sur tous les volets de l'union bancaire - EDIS, traitement réglementaire du risque souverain, réduction des prêts bancaires non performants, équilibre entre superviseurs 'home/host' - afin de parvenir à une feuille de route « d'ici à la fin de l'année ».
Voir la lettre de M. Donohoe : https://bit.ly/3vM4VYh
Risque d'une reprise économique inégale
Le président de l'Eurogroupe évoque également un risque « très réel » d'une reprise inégale entre les pays et les secteurs d'activité affectés par la pandémie de Covid-19 et de creusement des inégalités sociales, bien que les prévisions de croissance pour la zone euro aient été revues à la hausse.
Au niveau agrégé, « notre économie est sur les rails d'une reprise solide », la zone euro pourrait retrouver son niveau d'avant-crise « début 2022, plus tôt que prévu », note M. Donohoe.
Face aux incertitudes liées à l'évolution de la pandémie, les Dix-neuf soulignent le besoin d'éviter tout retrait prématuré du soutien public à l'économie, dont l'apport du Plan de relance européen Next Generation EU, même si les aides devront être plus ciblées et temporaires.
Sur ce point, le Conseil européen demandera jeudi 24 juin à la Commission européenne et au Conseil de l'UE d'évaluer « au plus vite » ('expeditiously') les plans de relance que 24 États membres ont officiellement présentés à ce stade. La moitié d'entre eux devraient être approuvés lors du Conseil Écofin du mardi 13 juillet (EUROPE 12744/5).
Voir le projet de conclusions du sommet européen : https://bit.ly/2SKJjOn (Mathieu Bion)