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Bulletin Quotidien Europe N° 12745
ACTION EXTÉRIEURE / BiÉlorussie

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE donnent leur accord pour des sanctions sectorielles

Les ministres des Affaires étrangères des États membres se sont mis d’accord, lundi 21 juin, sur des sanctions sectorielles de l'UE à l’encontre de la Biélorussie.

« Nous avons approuvé des options pour des sanctions économiques ciblées. Notre objectif est de les adopter rapidement après les orientations du Conseil européen » du 24 juin, a expliqué le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l’issue du Conseil à Luxembourg.

En amont de la réunion, le Haut Représentant avait expliqué que les mesures affecteraient les secteurs de l’économie biélorusse directement liés aux exportations. « À un certain moment, il faut prendre des mesures beaucoup plus fortes, qui vont toucher le secteur économique plus en profondeur. Cela va toucher l’économie, donc, les gens ; mais le gouvernement ne change pas son attitude. (…) Donc, il faut utiliser tous les moyens que nous pouvons mobiliser. Et les sanctions économiques sont là pour cela », a-t-il expliqué.

Les mesures pourraient porter sur une interdiction de nouveaux prêts à l'État, à la banque centrale et aux banques et entités détenues en majorité par l'État, la vente de certains produits financiers, et des restrictions seront imposées sur certains types de potasse, de produits liés au tabac et de produits pétroliers, produits ou réexportés depuis la Biélorussie. L'UE va aussi inclure dans son embargo sur les armes celles utilisées pour la chasse et le sport (EUROPE 12427/24) et interdire la vente de biens à double usage et du matériel de surveillance.

Ces mesures vont « affecter massivement la Biélorussie et les revenus de l'État et, donc, les fonds dont dépendent Loukachenko et son régime », avait expliqué le ministre allemand, Heiko Maas, à son arrivée au Conseil. Selon la Suédoise Ann Linde, « ce qui se passe en Biélorussie est toujours une tragédie et nous devons agir avec force ».

L’UE double ses sanctions ciblées

Les ministres ont aussi adopté des sanctions ciblées à l’encontre de 78 personnes et huit entités, dont celles responsables du détournement du vol Ryanair du 23 mai. Parmi les personnes faisant l’objet de sanctions se trouvent notamment les ministres des Transports et de la Défense, le commandant de l’armée de l’air et de la défense aérienne, le chef d’état-major principal, plusieurs membres de la chambre des Représentants de l’Assemblée nationale, des juges, des procureurs, des directeurs de centres de détention et des hommes d’affaires, dont le fils d’Alexandre Loukachenko, Dzmitry, mais aussi une de ses belles-filles, Liliya.

Les entreprises touchées travaillent, entre autres, dans la construction de voitures et de camions, dans l’immobilier ou dans le pétrole.

Jusqu’à présent, l’UE avait sanctionné 88 personnes et sept entités.

En parallèle et en coordination avec l’UE, les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni ont annoncé des sanctions à l’encontre du régime biélorusse.

Aller plus loin

Lors d’une conférence de presse à Bruxelles, l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa, qui s’est entretenue en début de journée avec les ministres européens des Affaires étrangères, a estimé que les sanctions devaient « toucher durement » le régime et ses alliés.

Elle a estimé qu’il ne faudra pas lever les mesures tant que tous les prisonniers politiques n’auront pas été libérés, qu’un dialogue n'aura pas été entamé avec l’opposition et que de nouvelles élections n'auront pas été organisées. Elle a mis en garde contre le « commerce » de prisonniers politiques que pourrait faire Loukachenko : la libération de quelques prisonniers pour obtenir la levée de certaines sanctions.

Malgré l’adoption d’un paquet conséquent de mesures, l’opposition biélorusse a espéré que l’UE préparerait un 5e paquet, en réaction à la récente aggravation de la répression dans le pays.

Interrogée sur le fait que les sanctions pourraient rapprocher M. Loukachenko de la Russie, Mme Tikhanovskaïa a expliqué qu’il était déjà « aussi proche que possible » de Moscou et que la prochaine étape sera la perte de l'indépendance du pays.

L’opposante a aussi espéré que l’UE aide davantage la société civile biélorusse, rappelant qu’il fallait soutenir les 500 prisonniers politiques et leur famille, mais aussi ceux qui ont fui le pays.

Selon le conseiller de Mme Tikhanovskaïa sur les affaires étrangères, Franak Viacorka, l’opposition biélorusse voudrait que le plan européen pour une Biélorussie démocratique de trois milliards d'euros, annoncé par la Commission, soit complété par des plans nationaux des États membres. Il a aussi plaidé pour une conférence des donateurs, pour un envoyé spécial pour la Biélorussie ou encore pour une conférence à haut niveau, « qui pourrait être le début du dialogue » entre la société civile et des représentants du régime.

Voir la décision sur les sanctions ciblées : https://bit.ly/3xRVYyf (Camille-Cerise Gessant avec Léa Marchal)

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