Lors d’un rapide débat en session plénière du Parlement européen, mardi 8 juin, les eurodéputés ont demandé à l’UE de poursuivre son soutien à l’Afghanistan après le retrait des troupes internationales.
Un retrait qui inquiète autant les députés européens que le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, notamment sur l’avenir des femmes afghanes et des acquis sociétaux de ces vingt dernières années.
Pour Elena Yoncheva (S&D, bulgare), l’UE doit revoir ses politiques : elle ne peut plus se limiter à une aide économique, mais « agir en tant que facteur mondial dans la région ».
« L’UE doit continuer à jouer un rôle important dans la reconstruction du pays. Les projets lancés doivent être poursuivis. L’Afghanistan doit avoir une place de choix dans le nouvel instrument Global Europe », a ajouté la Lituanienne Rasa Juknevičienė (PPE).
Mais pour son concitoyen de Renew Europe, Petras Auštrevičius, l’aide au développement doit être conditionnée aux droits des femmes – notamment à leur éducation et leur participation à la vie publique - et aux droits des enfants et des minorités. « La bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la transparence financière doivent être des conditions et non des vœux pieux », a-t-il ajouté.
Erik Marquardt (Verts/ALE, allemand) a estimé que l’UE devait aider les Afghans qui ont soutenu la communauté internationale et éviter qu’ils soient menacés. De plus, selon lui, il n'est pas compréhensible, étant donné la situation dans le pays, que les Afghans qui demandent l’asile dans l’UE soient renvoyés.
M. Borrell a promis que l’UE ferait tout ce qu’elle pourra pour soutenir le processus de paix et demeurera un partenaire du pays. « Soyons réalistes, ce sera difficile, il faudra faire montre de volonté politique, car il faut continuer les rapports politiques avec l’Afghanistan », a-t-il prévenu.
Et d'ajouter : « Nous devons prendre en compte la situation évolutive, mais nous ne pouvons pas nous désengager. Tout d’abord, parce qu'au cours des vingt dernières années, nous avons énormément investi pour soutenir la stabilité et le développement de l’Afghanistan et parce que nous avons perdu des soldats ». (Camille-Cerise Gessant)