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Bulletin Quotidien Europe N° 12736
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

La Présidence portugaise du Conseil de l'UE confiante dans l'adoption prochaine du règlement sur la nouvelle agence européenne d'asile

Les ministres de l’Intérieur des États membres de l’UE, réunis à Luxembourg, ont eu, mardi 8 juin, un bref point d’étape sur le 'Pacte asile et migration', dont les différents textes avancent lentement et restent marqués par des divergences persistantes sur l’équilibre entre responsabilité et solidarité.

Mais le ministre portugais de l’Intérieur, Eduardo Cabrita, a expliqué, à l’issue de la journée de travail, que des progrès plus concrets pourraient avoir lieu sur des textes presque finalisés, comme celui sur l’agence européenne de l’asile (EASO). « Le processus officiel d’adoption de ce règlement se poursuivra, notamment sous Présidence slovène », a dit le ministre. « Tous les États méditerranéens ont accepté d’avancer avec EASO, c’est une pièce maîtresse du Pacte et de sa structure ».

Le ministre a aussi évoqué les progrès sur le règlement ‘filtrage’ des migrants, dont la lecture est « quasi terminée », et sur la dimension extérieure de la migration, qui a beaucoup occupé la Présidence portugaise.

Les ministres ont eu l’occasion, au cours du déjeuner, de parler plus largement de la migration et de sa dimension externe, mais certains États membres voulaient aussi aborder d’autres problématiques internes à l’UE.

Réfugiés en Grèce demandant l’asile dans le reste de l’UE

Les ministres ont en effet été saisis à cette occasion d’un nouveau phénomène, rapporté par l’Allemagne et vécu par quelques autres pays membres comme les pays du Benelux, la France ou la Suisse, pays associé à Schengen, à savoir une hausse notable des mouvements secondaires de personnes ayant été reconnues réfugiées en Grèce et arrivant dans ces pays, en vertu du droit de libre circulation dans Schengen, pour y déposer une nouvelle demande d’asile.

Dans une lettre commune adressée le 1er juin à la Commission, révélée par Politico et vue par EUROPE, les ministres de l’Intérieur de ces six pays s’inquiètent d’une tendance à la hausse, l’Allemagne, à l’origine de cette lettre, ayant ainsi enregistré 17 000 demandes de ce type depuis juillet 2020, explique-t-elle. Ces personnes n’ont pas pu non plus être renvoyées en Grèce après qu’elles eurent déposé un recours devant des juridictions nationales et avoir eu gain de cause, les tribunaux ayant en effet estimé que la Grèce n’accueillait pas assez bien les réfugiés ni ne permettait de les intégrer correctement à la société, par exemple dans le marché du travail.

« C’est différent des renvois effectués sous Dublin, suspendus, eux, depuis plusieurs années », en Grèce - explique une source -, le règlement de Dublin permettant des transferts pour les personnes en attente d’une décision d’asile et ayant déjà déposé un dossier ailleurs. « Là, c’est un phénomène nouveau, qui concerne les personnes qui sont déjà détentrices de la protection internationale » - dit cette source - et qui devraient donc avoir de meilleures conditions de vie en Grèce.

Il existe bien des accords de réadmission bilatéraux entre États membres, mais, dans ce cas-là, des cours nationales ont statué que les retours vers la Grèce n’étaient pas possibles, posant donc un nouveau casse-tête à cette poignée de pays qui estiment que cela pose un « sérieux problème » pour le fonctionnement du système d’asile commun.

Les six pays demandent donc à la Commission de regarder la conformité des conditions de vie des réfugiés en Grèce avec les standards européens. Ils demandent aussi une action décisive pour lutter contre les abus concernant les documents de voyages Schengen et soulignent qu’une personne peut jouir de la liberté de déplacement dans Schengen pour une durée de 90 jours « si elle remplit les critères requis », comme le minimum journalier requis de subsistance.

Ces pays voudraient aussi que la Commission travaille avec la Grèce afin d'améliorer ces mêmes conditions de subsistance.

Le 9 juin, la commissaire Ylva Johansson recevra justement à Bruxelles le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi.

Ce dernier a aussi répondu à la Commission et aux six ministres signataires et souligné que la Grèce respecte toutes les obligations aux frontières extérieures, par exemple dans la surveillance des frontières et l’enregistrement des migrants, ce que reconnaissent d’ailleurs les six ministres.

« Et nous ne sommes pas responsables des flux secondaires 'irréguliers', car nous veillons à ce que seuls les passagers munis des documents de voyage appropriés puissent quitter la Grèce ».

« La Grèce est en tête des arrivées irrégulières depuis 2015, même si nous parvenons actuellement à réduire considérablement les flux, de 80% en 2020 et de 73% supplémentaires à ce jour, en 2021 », y rappelle aussi le ministre, convaincu que les États membres doivent absolument progresser sur le 'Pacte asile et migration', comme il l’a dit mardi à Luxembourg.

Lien vers la lettre du ministre grec : https://bit.ly/34Waw3n (Solenn Paulic)

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