Les ministres de l’UE chargés de la politique spatiale ont accueilli positivement la volonté de la Commission européenne de faire avancer une initiative européenne dans la gestion du trafic spatial (Space Traffic Management) ainsi que la feuille de route (EUROPE 12726/9) présentée par la Présidence portugaise du Conseil de l’UE à l’issue du Conseil ‘Compétitivité’ dédié à la politique spatiale, vendredi 28 mai.
Répondant à EUROPE, le ministre portugais chargé de la Science et de la Technologie, Manuel Heitor, a confirmé qu’il y avait un consensus sur le projet parmi les États membres et a rappelé que la feuille de route avait été préparée dans le cadre du trio des Présidences du Conseil de l’UE. La France (qui prendra la Présidence tournante durant le premier semestre 2022) a également fortement contribué, a-t-il indiqué.
Le consensus a été trouvé, a-t-il mis en lumière, grâce à une approche « graduelle » afin de prendre en compte tous les États membres et leurs spécificités. « Cette feuille de route a été élaborée par tous et a donc trouvé un consensus », a-t-il conclu.
Quant à la question des coopérations internationales, notamment avec les États-Unis, le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, a expliqué que la volonté de la Commission d’agir dans le domaine de la gestion du trafic spatial s’inscrivait dans une stratégie plus globale œuvrant pour la souveraineté européenne. Pour le commissaire, il faut d’abord finaliser la vision commune avant d’aller de l’avant sur la question des partenariats.
« On sera ouvert à des discussions sur des partenariats, bien sûr, mais sous nos conditions », a-t-il ajouté, précisant qu’il avait déjà pris contact avec ses homologues américains. « On aura certainement des réunions qui vont avoir lieu dans les mois et semaines qui viennent », l’idée étant d’être interopérable avec les partenaires choisis dans le domaine de la gestion du trafic spatial, a-t-il souligné.
Interrogé par EUROPE sur le rôle du Consortium EU SST (créée en 2014 par décision du PE et du Conseil – décision 541/2014/UE – et auquel prennent part la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Pologne, le Portugal et la Roumanie), le commissaire a précisé que les « choses étaient claires » : le règlement sur le programme spatial de l’UE ne permettait pas au Royaume-Uni de participer au Consortium.
Constellation européenne pour une connectivité sécurisée. Le commissaire a indiqué, en répondant à EUROPE, que les études allaient bon train sur le projet de constellation européenne pour une constellation européenne pour une connectivité sécurisée.
Une première étude était terminée avec de grands acteurs « reconnus ». Une deuxième était lancée, en lien avec des start-up européennes, insistant sur le fait qu’il voulait une « infrastructure européenne, souveraine et innovante ». Dans le cadre de son approche écosystémique, le commissaire a ainsi mis en exergue l'importance d'écouter les grands acteurs comme les petits, notamment ceux « disruptifs ». (Pascal Hansens)