Les conséquences potentielles de la stratégie 'de la ferme à la table' continuent d’inquiéter le secteur agricole. La Commission européenne aurait réalisé une étude qui prévoit une baisse de 10% de la production de l’UE.
Les ministres de l’Agriculture des pays d’Europe centrale et orientale – groupe de Visegrád (République tchèque, Hongrie, Pologne et Slovaquie) avec la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie – ont présenté, jeudi 27 mai, une déclaration commune dans laquelle ils appellent à la prudence dans la mise en œuvre de cette stratégie. Ils soulignent que les objectifs de réduction de l’utilisation d’engrais, de pesticides et d’antibiotiques devraient être fixés au niveau européen pour tenir compte des points de départ différents selon les pays. La Commission est invitée à publier une étude approfondie de l’impact de la stratégie en question sur la sécurité alimentaire, la compétitivité et les prix des produits agricoles.
Selon le centre de réflexion Farm Europe, le service de recherche et d’études de la Commission aurait réalisé une première étude de l’impact de la stratégie sur le secteur agricole, mais celle-ci serait « bloquée depuis plus de six mois par le vice-président Timmermans » pour ne pas être rendue publique avant la fin des négociations sur la PAC.
D’après Farm Europe, cette étude conclurait à « une baisse de la production globale agricole européenne de 10% ». La stratégie 'de la ferme à la table' vise une réduction de 50% de l’usage des pesticides chimiques d’ici à 2030 et une baisse de 20% s'agissant des fertilisants (et un objectif de 25% de surfaces en bio).
Farm Europe évalue qu’avec 4% de surface d’intérêt écologique non productive, l’impact sur la production serait de : -7% pour le blé, -5% pour le maïs, -5% pour les betteraves, -20% pour les oléagineux, -4% pour la viande rouge, -2% pour le lait, -1% pour le poulet et sans impact sur le porc. (Lionel Changeur)