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Bulletin Quotidien Europe N° 12723
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Écofin

Les grands argentiers de l'UE plancheront sur les politiques budgétaires et fiscales stimulant la reprise et la transition écologique

Les ministres européens des Finances et les banquiers centraux des pays de l'UE plancheront sur les conditions budgétaires et fiscales permettant une reprise économique optimale et propice aux transitions écologique et numérique, vendredi 21 et samedi 22 mai à Lisbonne, lors de leur première réunion en présentiel depuis septembre 2020 à Berlin.

Vendredi au déjeuner, leurs discussions, qu'animera l'économiste en chef de l'OCDE, Laurence Boone, porteront sur les politiques économiques et budgétaires.

Dans ses prévisions de printemps, la Commission européenne prévoit une rebond économique plus fort que prévu (+4,3% du PIB) pour 2021 à la faveur d'une montée en puissance des campagnes de vaccination contre la Covid-19 (EUROPE 12719/2). Mais les incertitudes persistantes liées à la pandémie incitent à la prudence. 

À l'instar de l'Eurogroupe (EUROPE 12722/21), le message du Conseil 'Ecofin' devrait être de ne pas supprimer brutalement les mesures de soutien public à l'économie.

La clause dérogatoire du Pacte de stabilité et de croissance devrait demeurer gelée tant que les économies européennes n'auront pas retrouvé leur niveau d'avant-crise, vraisemblablement jusqu'à fin 2022.

Sera néanmoins posée la question de l'évolution des mesures budgétaires, d'un soutien d'urgence tout azimut à une aide plus ciblée sur les secteurs d'activité ayant le plus souffert de la pandémie. Autre interrogation : comment éviter que le soutien public ne maintienne artificiellement en vie des entreprises 'zombies' non viables ?

Rejoints par les gouverneurs des banques centrales nationales, les ministres s'interrogeront, vendredi après-midi, sur la manière de renforcer la complémentarité des politiques budgétaire et monétaire pour faire face aux défis à venir, alors que le Plan de relance européen Next Generation EU doit encore produire ses premiers effets, espérés à l'été.

Dans un document préparatoire aux discussions, dont EUROPE a eu copie, la Présidence portugaise du Conseil de l'UE fait par exemple état du « défi crucial consistant à gérer un niveau de dette publique élevée ». Et d'ajouter que « des tensions entre le besoin de soutenir la reprise et de garantir des finances publiques durables peuvent réapparaître », surtout en cas de remontée des taux d'intérêt sur les marchés.

Les grands argentiers de l'UE devraient aussi « discuter du caractère transitoire ou non de la légère reprise de l'inflation » observée en début d'année, a indiqué une source diplomatique nationale, jeudi 20 mai. Selon elle, « la politique monétaire devrait rester accommodante au moins jusqu’à mi-2022 ». 

La Commission prévoit que l'inflation remontera à 1,7% en 2021, puis retombera à 1,3% en 2022 dans la zone euro.

Fin avril, la BCE avait décidé de maintenir inchangé son rythme accéléré de rachat massif d'obligations souveraines dans le cadre de l'opération 'PEPP' lancée lors du déclenchement de la pandémie (EUROPE 12704/8). 

Taxation environnementale. Samedi matin, ministres et banquiers centraux plancheront sur une stratégie européenne permettant de placer la taxation environnementale au service de l'objectif que s'est fixé l'UE de parvenir à la neutralité climatique d'ici à 2050.

« L'avenir de la fiscalité environnementale est une discussion importante dans la perspective de la publication du paquet législatif 'fit for 2055' », a indiqué cette source.

La Commission devrait dévoiler ses propositions le 14 juillet.

Dans un deuxième document servant de base aux discussions, la Présidence portugaise cite la révision de la directive 'taxation de l'énergie', en place depuis 2003, pour accroître le fardeau de l'impôt sur les matières premières et les activités polluantes (EUROPE 12702/20). Elle évoque aussi le futur mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE (CBAM) pour éviter les fuites de carbone et inciter les pays tiers à agir en faveur de la transition écologique (EUROPE 12685/19). En outre, d'autres taxes, comme la TVA, pourraient stimuler la production et la consommation de carburants à faible teneur en carbone (biogaz, hydrogène vert).

« Dans le même temps, les gouvernements devraient soigneusement surveiller et atténuer les effets régressifs potentiels et assurer la viabilité sociale des mesures fiscales liées à la transition à la transition verte », souligne la Présidence portugaise.

Une référence voilée à des mouvements sociaux de protestation contre des taxes carbone imposées d'en haut à la population, comme les 'gilets jaunes' en France. (Mathieu Bion avec Camille-Cerise Gessant)

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