Collectivement, les États membres de l'UE collectent et récupèrent plus d'équipements électriques et électroniques mis au rebut que la plupart des pays, mais l'UE risque de ne pas atteindre ses objectifs les plus ambitieux en matière de collecte des déchets électroniques, avertit la Cour des comptes européenne dans un document d'analyse (n° 04/2021) publié jeudi 20 mai.
Ce document examine les actions menées par l'UE et les défis à relever depuis l'adoption de sa directive relative aux déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), adoptée en 2002 et révisée en 2012 (2012/19/UE). Il a vocation à alimenter la réflexion de la Commission européenne pour l'élaboration de l'initiative d'économie circulaire pour les équipements électroniques programmée pour le dernier trimestre de 2021.
Mise en œuvre de la législation en vigueur et lutte contre la criminalité sont les deux défis mis en exergue.
« L'Europe recycle actuellement environ 80% des e-déchets qu'elle collecte. Toutefois, la collecte, le recyclage et le réemploi des déchets électroniques n'avancent pas au même rythme dans tous les États membres et la cadence pourrait être accélérée. Nous avons aussi constaté que la lutte que l'UE mène contre la gestion peu scrupuleuse de ces déchets, les transferts illicites et d'autres activités criminelles est un parcours semé d'embûches », résume Joëlle Elvinger, membre de la Cour des comptes européenne responsable du document d'analyse.
La Cour note en effet que les États membres peinent souvent à faire appliquer la directive. Seuls deux États membres semblent être bien placés pour atteindre les objectifs de collecte qui ont été fixés pour 2019. Elle épingle notamment une gestion parfois peu scrupuleuse des e-déchets et de leur traitement (comme l'extraction de composants ou de substances potentiellement toxiques et la dépollution), souvent liée à l'absence ou à la rareté des contrôles et des inspections.
Certains États membres ne disposent pas des ressources nécessaires pour contrôler rigoureusement les opérateurs et les transferts de déchets vers des pays tiers. (Aminata Niang)