L'organisation Finance Watch, qui défend l'intérêt général dans le domaine des services financiers, a transmis à la Commission européenne, mercredi 5 mai, des propositions visant à prendre en compte le risque climatique dans le droit de l'Union européenne encadrant les exigences prudentielles bancaires (règlement 'CRR' 575/2003) et assurantielles (directive 'solvabilité II' 2009/138).
« Le temps presse, puisque, dans dix à quinze ans, le budget 'carbone' de la planète sera épuisé. Les gens ne devraient pas devoir vivre avec la menace d'un nouveau renflouement public du secteur bancaire », estiment Benoît Lallemand et Thierry Philipponat, au nom de l'organisation, dans un courrier adressé aux commissaires européens compétents.
Dans l'Union européenne, la réglementation prudentielle actuelle ignore l'impact du changement climatique sur la stabilité financière, accordant de facto un traitement favorable aux expositions aux combustibles fossiles, constate Finance Watch. Et de noter qu'au lieu de viser les combustibles fossiles, elle réduit les exigences de capital pour les 'actifs verts', « sans aucune preuve que ces actifs présentent moins de risques financiers que les autres et au risque de créer une bulle d'actifs verts ».
L'organisation demande donc que les exigences en fonds propres appliquées aux expositions des banques et des assurances aux combustibles fossiles soient alignées sur les principes de base de la gestion des risques, selon le principe 'à risque comparable, traitement réglementaire comparable'.
Voir les propositions de Finance Watch : https://bit.ly/3vAjgYa (Mathieu Bion)