L’Union européenne a dénoncé, jeudi 11 mars en soirée, la décision, plus tôt dans la journée, du Congrès national du peuple de la République populaire de Chine de modifier le système électoral de Hong Kong (EUROPE 12672/4).
Cette décision « aura un impact significatif sur la responsabilité démocratique et le pluralisme politique à Hong Kong », s’inquiète le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, dans une déclaration au nom de l’UE. Selon lui, cette décision « entraînera une concentration du pouvoir et de l'influence au sein du comité électoral » ainsi qu'« une réduction de la proportion de représentants directement élus au sein du Conseil législatif » de Hong Kong.
Cette décision « érode également la capacité des Hongkongais à être légitimement représentés et à influencer directement les décisions » que prend le Conseil législatif, explique le Haut Représentant.
Pour M. Borrell, « ces changements vont à l'encontre des engagements pris en faveur d'une plus grande représentation démocratique par le biais du suffrage universel, qui constitue l'objectif ultime pour la sélection du chef de l'exécutif et l'élection du conseil législatif, comme le prévoient les articles 45 et 68 de la loi fondamentale ».
Le Haut Représentant estime donc que la décision est « une nouvelle violation du principe 'un pays, deux systèmes' et des engagements internationaux de la Chine et de la loi fondamentale de Hong Kong ». Les libertés fondamentales, les principes démocratiques et le pluralisme politique « étaient censés être protégés au moins jusqu'en 2047 », comme convenu dans la déclaration sino-britannique, regrette M. Borrell.
Appelant les autorités chinoises et hongkongaises à rétablir la confiance dans le processus démocratique de la cité-État et à mettre fin à la persécution de ceux qui défendent les valeurs démocratiques, le Haut Représentant prévient que l’UE envisagera de prendre des mesures supplémentaires et accordera une attention accrue à la situation à Hong Kong dans le cadre de ses relations globales avec la Chine (EUROPE 12664/6).
Pékin a déjà annoncé qu’il ne ferait aucune concession sur cette réforme.
Vendredi 12 mars, la Commission européenne et le Haut Représentant ont estimé, dans leur rapport annuel sur Hong Kong, qu'en 2020, la cité-État avait « connu une nouvelle érosion grave de son haut degré d'autonomie, de ses principes démocratiques et des libertés fondamentales que les autorités chinoises s'étaient engagées à protéger jusqu'en 2047 au moins ».
« L'imposition de la loi sur la sécurité nationale et la détérioration de la situation à Hong Kong en 2020 ont eu un impact négatif sur l'environnement des affaires », explique le rapport.
Hong Kong accueille 1 560 entreprises européennes et 163 milliards d'euros d'investissements européens.
Pour la première fois, en 2020, le dialogue structuré annuel entre l'UE et Hong Kong n'a pas eu lieu.
Voir la déclaration de l’UE : http://bit.ly/3qGlulO et le rapport : https://bit.ly/38tNOSj (Camille-Cerise Gessant)