L’UE examine les demandes britanniques d’aménagement au protocole nord-irlandais (EUROPE 12650/18) pour étendre notamment les flexibilitéss prévues temporairement pour les contrôles de marchandises entre Irlande du Nord et Grande-Bretagne, mais les dispositifs du protocole ne changeront pas fondamentalement, a déclaré, jeudi 4 février, le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, cité par Reuters.
Le ministre s’exprimait après la demande officielle du gouvernement britannique d’étendre une période de grâce prévue pour les modalités de contrôles des marchandises entre Irlande du Nord et Grande-Bretagne, qui devrait durer 3 mois pour certains types de contrôles et dont Londres a demandé l’extension jusqu’à 2023.
Le vice-président de la Commission européenne, Maros Šefčovič, et le chancelier britannique du duché de Lancaster, membre du Cabinet, Michael Gove, en ont parlé, mercredi 3 février, dans le cadre du comité mixte et ils se sont entendus pour continuer les discussions afin de trouver des solutions pratiques pouvant répondre aux préoccupations britanniques.
Des tensions sont en effet intervenues récemment dans les ports où des agents faisaient des inspections sur les produits entre Irlande du Nord et Grande-Bretagne.
« Ce qui est important c'est de continuer à travailler de manière constructive pour trouver une solution pratique et répondre aux défis », a déclaré la Commission jeudi 4 février.
Ces demandes britanniques ne sont toutefois pas très bien perçues du côté des États membres de l'UE et ceux-ci pourraient en discuter en Comité des représentants permanents, peut être dès ce 5 février, mais plus probablement dans une dizaine de jours, dit une source.
Les Vingt-sept ont en effet le sentiment que Londres utilise ces incidents, comme la bévue de Mme von der Leyen, le 29 janvier, sur le contrôle des exportations de vaccins, pour remettre en cause les fondamentaux de ce protocole qui a toujours fait polémique au Royaume-Uni en ce qu’il maintient l’Irlande du Nord sur le territoire du marché unique européen au même titre que dans le marché britannique. La ficelle serait donc un peu grosse pour certains.
« Les Britanniques essaient d’instrumentaliser un non-événement (celui de l’article 16 pour l'exportation des vaccins) pour ne pas appliquer l’accord de retrait », estime une source.
La Commission devrait donc d’abord dresser un état des lieux précis des problèmes rencontrés en Irlande du Nord et des réponses qui peuvent y être apportées, mais « il ne s’agira pas d’accepter que l’accord de retrait ne soit pas appliqué par les Britanniques », ajoute cette source, jugeant la démarche de Londres assez malhonnête.
« L'idée des délais de grâce était de laisser le temps de s'adapter, et non de mettre en place des alternatives permanentes. La possibilité de prolonger certains de ces délais de grâce est, je pense, à l'étude », a dit Simon Coveney.
« Mais je pense que nous devons être réalistes ; il n'y aura pas de changement radical ici. Il s'agit d'examiner les flexibilités existantes, de les utiliser plus efficacement et d'adopter une approche pragmatique dans les limites du protocole », a-t-il estimé. (Solenn Paulic)