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Bulletin Quotidien Europe N° 12651
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / DÉveloppement

Covid-19, les eurodéputés demandent à l'UE de faire plus pour garantir l'accès des pays pauvres aux vaccins

Les députés de la commission du développement du Parlement européen ont lancé, jeudi 4 février, un appel à l'UE pour qu'elle fasse le maximum pour garantir l'accès équitable des pays tiers à faibles revenus aux vaccins anti-Covid-19 à un prix abordable, en particulier en Afrique, comme elle l'avait promis. 

La quasi-totalité des groupes politiques a estimé, en effet, que la solidarité à l'égard des pays en développement était une priorité, lors d'un échange avec la commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen. Plusieurs eurodéputés ont plaidé pour que l'UE aide au renforcement des capacités de production dans les pays en développement.

Ce débat s'est tenu au lendemain de la publication de la première prévision de distribution provisoire de la Facilité Covax - une étape clé dans la mise en place d'un accès mondial équitable aux vaccins.

La commissaire a souligné le rôle joué par l'UE dans la création de Covax, 'Team Europe' (l'UE, ses États membres et les institutions financières) étant parmi les plus grands contributeurs avec plus de 850 millions €, ce qui va assurer 1,3 milliard de doses de vaccins pour 92 pays à faibles et moyens revenus d’ici la fin de l’année. Elle s'est réjouie que Covax soit prête à commencer à livrer les premières doses du vaccin Pfizer/BioNTech à 18 pays, dont 12 à faibles revenus, pour la plupart en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

« Nous sommes en train d’attendre l’autorisation de l’OMS pour que le vaccin AstraZeneca soit disponible dans quelques semaines, massivement, et que les 92 pays concernés puissent y avoir accès à travers Covax au premier semestre 2021 », a ajouté Mme Urpilainen.

Elle a indiqué avoir eu un entretien cette semaine avec le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Jugeant « crucial de soutenir les pays du voisinage, en particulier en Afrique », en se concentrant sur le personnel soignant, elle s'est félicitée de l'engagement des dirigeants européens en faveur d'un mécanisme de partage « qui nous permettra de partager une partie des vaccins produits selon nos contrats d’achat ». Les discussions avec les États membres et Covax se poursuivent pour savoir comment procéder rapidement.

Elle a tenu aussi à rappeler que c'est la Commission qui, l'an dernier, a organisé le marathon d'engagements pour obtenir 15,9 milliards € afin de développer et déployer vaccins, tests et traitements à travers l’initiative ACT-A (ACT accélérateur).

Mme Urpilainen a indiqué que le travail de la Commission pour aider au renforcement des capacités de production locales en Afrique du Sud est en cours, « avec l'Allemagne ».

Pour Hildegard Bentele (PPE, allemande), le mécanisme Covax est « loin d’être un succès dans les pays pauvres, car il n'y a pas de calendrier clair, pas de livraisons ». En outre, l’Union africaine a dû acheter pour des centaines de millions d'euros à des prix beaucoup trop élevés pour ce qui est de la première tranche du vaccin Pfizer/BioNTech. « Je ne vois pas du tout de solidarité, je vois un problème de concurrence avec l'interdiction des exportations américaines, avec le mécanisme de contrôle des exportations de l'UE », a-t-elle déclaré.

La Russie, la Chine et l'Inde sont les seules en position de livrer ces vaccins. L’UE est en train de perdre cette course, a-t-elle déploré, dénonçant aussi « des problèmes de morale ».

Licences obligatoires ? Selon Udo Bullmann (S&D, allemand), l'UE devrait « contraindre les producteurs de vaccins à fournir les pays du Sud de manière sérieuse», quitte à recourir à des licences obligatoires. Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) a plaidé pour que l'UE soutienne à l'OMC les licences obligatoires - seule solution, selon elle, pour « sortir de la charité » et donner l'autonomie à des pays comme l'Afrique du Sud et l'Inde.

Avec l'OMC, cela prendra du temps, a estimé la commissaire, qui leur a assuré que « dans tous les contrats, nous avons veillé à ce que le partage des vaccins soit permis ». 

Bernhard Zimniok (ID, allemand) a fustigé un échec de l'UE. « Le problème le plus important est de vacciner le monde entier. C'est là que commence le problème : nous n’avons rien à distribuer ! On a un vaccin qui ne couvre même pas les mutations. Par où commencer ? », a-t-il lancé, accusant la Commission de « dilettantisme » et préconisant « de penser d’abord à l’UE ».

En novembre 2020, l'Alliance pour les vaccins (GAVI) avait déclaré aux eurodéputés qu'elle prévoyait de fournir aux 92 pays concernés deux milliards de doses de vaccins sûrs et efficaces d'ici 2021.

Voir le rapport du GAVI sur la distribution des vaccins via la Facilité Covax en date du 3 février : https://bit.ly/36K5aJP  (Aminata Niang)

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