Le gouvernement britannique s’apprêtait à demander à la Commission européenne, mercredi 3 février, d’étendre la période de grâce pour l’Irlande du Nord, qui permet d’assouplir les contrôles sanitaires et autres entre cette partie de l’île et le reste du Royaume-Uni.
Le ministre Michael Gove a écrit une lettre en ce sens, le 2 février, à Maroš Šefčovič, le vice-président aux Relations interinstitutionnelles, qu’il devait rencontrer mercredi après-midi dans le cadre du comité mixte. Le ministre britannique, saisissant les tensions des derniers jours à propos des agents d’inspection dans plusieurs ports nord-irlandais, a demandé que la période de grâce pour ces contrôles s’étende jusqu’à 2023, notamment pour les supermarchés et leurs fournisseurs, contre une période de trois mois initialement. Il demande aussi la prolongation de l’arrangement actuel provisoire sur les médicaments jusqu’en 2023.
Le protocole nord-irlandais, qui entend éviter de rétablir des contrôles physiques sur l’île, a donc déplacé ces contrôles entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne pour tout ce qui arrive sur l’île depuis cette partie ou tout ce qui part vers la Grande-Bretagne. Le protocole avait été accepté et ficelé par Boris Johnson en 2019, mais les incidents sécuritaires des derniers jours ont donné des arguments aux opposants à ce protocole, dont le parti unioniste DUP, pour dénoncer à nouveau cet arrangement entré en vigueur le 1er février 2020.
Michael Gove revient aussi, dans son courrier, sur la grosse erreur du cabinet de Mme von der Leyen, qui a déclenché pour quelques heures, le 29 janvier, l’article 16 du protocole concernant les exportations de vaccins entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord.
Le ministre commence d’ailleurs sa missive en soulignant à quel point ce geste a été mal perçu et ajoute en difficultés dans la mise en œuvre d’un protocole déjà complexe par essence.
M. Gove avait en tout cas l’intention d’obtenir un accord sur ce délai de grâce étendu dès cette semaine, selon les médias britanniques.
À l’heure où nous allions sous presse, le résultat de cette discussion n’était pas connu.
Lien vers la lettre britannique : https://bit.ly/3oOSmYx (Solenn Paulic)