Le ministre portugais de la Science, de la Technologie et de l’Enseignement supérieur, Manuel Heitor, a indiqué à la presse, mercredi 3 février, que la Présidence portugaise du Conseil de l’UE espérait parvenir, d’ici mai, à l’adoption de conclusions du Conseil actant les politiques qui devront être adoptées dans l’UE « pour améliorer et renforcer les carrières dans le secteur de la recherche ».
M. Heitor s’exprimait à l’issue d’une réunion informelle des ministres de la Recherche (EUROPE 12649/14) menée en présence de divers experts et chercheurs, de la commissaire européenne à l’Innovation, Mariya Gabriel, ainsi que des représentants de la direction générale 'Recherche et Innovation' (RTD) de la Commission, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du Conseil européen de la Recherche.
« Le développement des carrières est l'une des conditions essentielles à la mise en œuvre d’un Espace européen de la recherche (EER) plus fort et plus efficace », a commenté le ministre portugais.
Revenant sur cette journée de réunion, il a indiqué que trois champs d’action avaient particulièrement retenu son attention et celle de ses homologues.
Tout d’abord, la collecte de données sur le recrutement des chercheurs, l’évolution de leurs carrières ainsi que leur mobilité à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe. « La Commission et les agences nationales pourraient se réunir afin que nous obtenions, de façon systématique, davantage d’informations » sur ces trois problématiques, a souligné le ministre.
Ensuite, un large consensus se serait dégagé quant à la nécessité de mettre au point un nouveau code de conduite pour le recrutement des chercheurs. Un tel code – visant à rendre les procédures de sélection plus équitables et plus transparentes – existe depuis 2005 et a été approuvé par plus de 1 200 organisations. Les ministres envisageraient qu’une nouvelle version de ce code soit élaborée dans l’année à venir.
Enfin, la troisième piste avancée viserait à renforcer les associations entre universités européennes, dans le cadre d’Erasmus+, afin de favoriser les échanges de bonnes pratiques en matière de recrutement des chercheurs.
« Pour promouvoir les carrières dans la recherche, il est important de renforcer les synergies entre l'éducation, la recherche et l'innovation », a pour sa part analysé la commissaire européenne, insistant en outre sur la nécessité de « convertir la fuite des cerveaux en circulation des cerveaux ».
Le secrétaire d'État auprès du ministre allemand de la Recherche, Thomas Rachel - dont le pays fait partie de l'actuel trio de Présidences du Conseil - a, à son tour, prôné une mobilité des chercheurs et une collaboration internationale accrue.
Il a estimé, par ailleurs, que l'UE devrait améliorer les possibilités de transfert entre la recherche universitaire et l'industrie, « afin d'assurer des parcours de carrière attrayants pour les chercheurs d'excellence et de permettre aux entreprises de bénéficier d'employés hautement qualifiés ».
Toutes ces pistes devraient donc être creusées par les ministres en vue de l'adoption de futures conclusions. (Agathe Cherki)