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Bulletin Quotidien Europe N° 12621
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ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

La Commission européenne tente de convaincre les eurodéputés de ratifier l'accord UE/Mercosur

Si le principe d'un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur semble convaincre à peu près toutes les factions en présence, le texte en lui-même pose toujours problème dans les rangs du Parlement européen. 

Les avantages d'un accord avec cette région du monde sont nuancés par le manque de garanties environnementales. Le président de la commission du commerce international au PE (INTA), Bernd Lange (S&D, allemand), a ainsi posé les enjeux du débat lors de la réunion de la Commission du 10 décembre. Sur l'ensemble des députés, il y a ceux qui pensent qu'il faut revoir l'accord sur le fond et ceux qui considèrent qu'il faut avancer rapidement vers la ratification. 

La Commission européenne rejoint cette dernière catégorie. Rupert Schlegelmilch, chef d'unité sur les Amériques, l'agriculture et la sécurité alimentaire à la DG Commerce a rappelé que l'accord était très avantageux pour l'UE, comparé à d'autres partenariats avec des pays d'Asie de l'Est. Pour convaincre les parties réticentes, le SEAE a indiqué, par la voix de Véronique Lorenzo, chef de division pour l'Amérique latine, qu'une déclaration commune serait publiée probablement fin janvier 2021, qui précisera certains engagements et les rendra plus concrets. Il s'agit particulièrement des aspects environnementaux, avec, en premier lieu, le respect de l'accord de Paris. 

Les membres du PPE s'accordent clairement sur ce constat d'urgence de ratifier l'accord : « Jeter l'accord à la poubelle et laisser la forêt amazonienne brûler ne peut pas être la solution. J'implore mes collègues à gauche : arrêtez s'il vous plaît de vous plaindre et tournez-vous vers le dialogue », a affirmé Sven Simon (PPE, allemand).

Le groupe Renew Europe, dont est membre le rapporteur, Jordi Cañas (Espagne), rejoint à peu près cette ligne, en insistant sur le besoin d'améliorer et de préciser les termes de l'accord. Il s'agit de prendre en compte les risques concernant la déforestation et les craintes des agriculteurs européens face aux importations de viande. L'UE a en effet concédé aux pays du Mercosur un quota de 99 000 tonnes de bœuf importées dans l'UE bénéficiant de droits de douane réduits (EUROPE 12286/3). 

Le S&D considère également qu'un accord reste la meilleure solution pour avoir une influence sur la déforestation et les objectifs de réduction de CO2, mais insiste sur le besoin d'apporter des clarifications et de disposer de possibilités de sanctions en cas de non-respect des normes environnementales. 

Enfin, pour les Verts/ALE, l'accord doit être revu pour être en cohérence avec le Pacte vert. Yannick Jadot (Verts, France) considère d'ailleurs que le Président brésilien, Jair Bolsonaro, ne respectera pas les termes de la déclaration conjointe. Véronique Lorenzo a assuré que les pays du Mercosur avaient accepté le principe de la déclaration commune. Avant d'ajouter : « Si nous n'arrivons pas à un accord dans cette fenêtre de tir, nous allons perdre toute capacité d'influence pour faire avancer l'agenda sur les questions sociales et environnementales ». (Léa Marchal)

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