La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que la probabilité d’une absence d’accord entre l'Union européenne et le gouvernement britannique était « plus élevée que celle d’un accord » sur la future relation post-Brexit, a indiqué une source diplomatique vendredi 11 décembre, à l’issue du Conseil européen.
Bref, le point d’information de Mme von der Leyen aux dirigeants n’a pas duré plus de 10 minutes. La situation est « difficile » et « les principaux obstacles demeurent », a-t-elle fait savoir. Elle a toutefois noté une évolution positive concernant l’accord de retrait britannique de l'UE qui pourrait donc être pleinement opérationnel au 1er janvier.
Dimanche 13 décembre, Mme von der Leyen fera le point avec le Premier ministre britannique, Boris Johnson, sur les négociations. Nous verrons « si les conditions d’un accord sont réunies », a-t-elle dit devant la presse.
À ses côtés, la chancelière allemande, Angela Merkel, n’a pas eu un mot sur le Brexit. Quant au président français, Emmanuel Macron, il a rappelé qu'en cas d'échec des négociations, les deux parties ne se retrouveraient pas en situation de ‘no deal’ au 1er janvier. « Il y a eu un accord de retrait que nous avons signé l’un et l’autre. La sortie du Royaume-Uni ne se fera pas dans un cadre désordonné », a-t-il relevé.
Rappelant l'unité des Vingt-sept dans les négociations, M. Macron a souhaité qu'un éventuel accord « respecte toutes les parties prenantes » en préservant les intérêts européens – « car les Européens n’ont pas choisi le Brexit » – et britanniques afin que « nous puissions continuer à vivre de la manière la plus harmonieuse côte à côte ».
De son côté, le Premier ministre belge, Alexander de Croo, a estimé que, si on « donne (au Royaume-Uni) un accès complet et transparent à notre marché, c’est clair que l’accès au 1er janvier sera basé sur une certaine équivalence entre les règles britanniques et de l’UE ». « Mais les règles pour avoir accès aujourd’hui, ce sont les même règles que pour garder l’accès dans 10 ans », a-t-il aussi fait valoir. Selon lui, la journée de dimanche prochain permettra de « comprendre s’il y a une volonté d’adhérer à ces principes-là, si c’est encore possible de finaliser un accord ».
« Nous sommes tout sauf détendus », car une absence d’accord aura « un énorme impact, notamment dans mon pays » et pour la situation des ports « comme Rotterdam », l’un des plus grands ports mondiaux, a réagi le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte. « On est prêts cependant à faire des compromis, mais on ne peut pas mettre en danger l’intégrité du marché unique », a-t-il ajouté, convaincu que les « Britanniques savent où sont ces limites ».
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a pour sa part évoqué « « des problèmes, sur la gouvernance, la pêche ». Apportant son soutien à l’équipe négociatrice européenne, il a souhaité des relations « équilibrées » entre l'UE et le Royaume-Uni.
« L'UE ne peut pas céder sur la question des règles du jeu équitables ni sur les mécanismes de gouvernance en cas de litiges », a dit de son côté le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, estimant qu'« il faut se préparer une absence d'accord ».
Quant au Premier ministre irlandais, Micheál Martin, il a jugé que « d’énormes défis demeurent », citant l'instauration de règles du jeu équitables et la pêche. Selon lui, il y a un potentiel « pour se rapprocher sur ces deux sujets », mais il « faut de la volonté politique ». « Une absence d’accord aurait de sérieuses implications », a ajouté M. Martin, après que Boris Johnson a jugé très probable une absence d'accord sur la relation future post-Brexit. (Solenn Paulic avec la rédaction)