La commissaire européenne aux Services Financiers, Mairead McGuinness, a appelé, mardi 8 décembre, à éviter les erreurs du passé et à anticiper le problème des prêts bancaires non performants ('non performing loans' ou NPL), dont le stock augmentera d'autant plus fortement que la crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19 durera, lors d'un séminaire pour la presse.
C'est pourquoi la Commission européenne présentera, la semaine prochaine, une nouvelle stratégie sur le traitement des NPL, qui devrait se pencher à nouveau sur la création d'un marché secondaire pour les prêts non performants et énoncer des pistes de convergence entre les cadres nationaux d'insolvabilité et de recouvrement de dette (EUROPE 12595/2).
« Nous avons besoin d'un mécanisme pour supprimer les prêts non performants des bilans des banques afin que celles-ci puissent continuer à prêter », a indiqué Mme McGuinness.
Le document de la Commission, qui fait encore l'objet d'une consultation en interne, pourrait proposer la mise en place d'un réseau européen de structures nationales de défaisance.
« Si les États membres décident de créer des structures de défaisance ('asset management company') (...), nous pensons qu'un réseau pourrait être utile », a déclaré la commissaire.
Elle a par ailleurs estimé qu'un retrait trop rapide des mesures de soutien national aux banques pourrait encore accélérer le problème des NPL. La commissaire s'est aussi prononcée en faveur du maintien, pour l'instant, de la recommandation aux banques de ne pas verser de dividendes, qui pourrait être revue en fonction de l'évolution de la pandémie.
Somme toute, par rapport à la crise financière de 2008, Mme McGuinness a tenu à souligner que les banques étaient plus fortes, la règlementation européenne plus stricte et la préparation plus précoce.
Nouvelle proposition en vue pour débloquer ‘EDIS’ ?
La commissaire européenne a par ailleurs fait le point sur les travaux en cours sur l’Union bancaire, notamment la création d'un système européen de garantie des dépôts (EDIS), bloquée depuis des années.
À cet égard, elle a indiqué que la Commission envisageait de retirer la proposition sur la table afin de faire une nouvelle proposition, qui pourrait prendre la forme d’un modèle hybride, avec une dimension européenne, afin de débloquer les négociations. Les réflexions sont en cours, la Commission examine différentes options et aucune décision finale n’a encore été prise, a précisé la commissaire.
La Commission ne retirera sa proposition que lorsqu’elle aura trouvé quelque chose qui recevra le soutien nécessaire, a-t-elle par ailleurs prévenu.
Vendredi 11 décembre, le président de l'Eurogroupe fera rapport sur les travaux en cours sur l’Union bancaire lors du sommet de la zone euro. (Marion Fontana)