La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance du Conseil de l'Europe (ECRI) a publié, mardi 8 décembre, deux rapports largement consacrés aux ségrégations subies par les Roms et les personnes LGBTI en République tchèque (https://bit.ly/2IsEh4b ) et en Slovaquie (https://bit.ly/3mXYIVD ).
Les experts de l'ECRI se félicitent d'un certain nombre de développements positifs notés dans la détermination des autorités de ces deux pays à améliorer la situation des Roms, mais relèvent la persistance de problèmes en matière d'éducation des enfants.
Une stratégie nationale d'intégration des Roms a été mise en œuvre de 2014 à 2016 en République tchèque, mais, soulignent les experts, de nombreux Roms sont toujours dans un cercle vicieux alliant un manque d'instruction - qui se traduit par des possibilités limitées sur le marché du travail - à une ségrégation résidentielle de fait qui a aussi des répercussions négatives sur l'accès aux soins de santé et aux services sociaux. Les autorités tchèques ne collectant pas de données objectives, il est difficile d'évaluer les mesures mises en œuvre, alors même qu'une nouvelle stratégie est en cours d'élaboration pour les six années à venir.
Pour la Slovaquie, sont saluées les initiatives visant à rétablir la confiance des Roms dans la police slovaque, notamment par le recrutement de 2 000 Roms en tant que gardes civiques, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires, en particulier en ce qui concerne les enquêtes sur les violences policières.
Les experts observent, dans ce pays, « une dynamique négative attisée par un discours haineux persistant » à l'égard des personnes LGBTI. Ils déplorent en particulier « les campagnes menées par certains partis politiques » et dénoncent la pratique, également appliquée en République tchèque, qui consiste à forcer les personnes transgenres à se faire stériliser pour pouvoir changer officiellement de nom et de genre - pratique contraire à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme et qui n'a de fondement ni en droit slovaque ni en droit tchèque.
Les discours de haine racistes continuent d'inquiéter l'ECRI. Les Roms en sont toujours victimes, mais il semble que les Musulmans et les migrants sont désormais les plus visés, tant en République tchèque qu'en République slovaque, où les Juifs et les personnes de couleur sont également ciblés de manière préoccupante.
L'ECRI regrette que les opérateurs d'Internet ne retirent qu'une très petite partie de ces discours haineux et qu'un grand nombre de crimes de haine ne soient pas signalés aux autorités. (Véronique Leblanc)