login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12610
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Industrie

Le Parlement européen insiste sur l’autonomie de l’UE en vue de la révision de la stratégie industrielle

Le Parlement européen a adopté (486 voix contre 109 et 102 abstentions), mercredi 25 novembre, un rapport d’initiative, défendu par Carlo Calenda (S&D, italien), sur la stratégie industrielle de mars et en vue de sa révision en début d’année prochaine (EUROPE 12561/8), dans lequel les parlementaires insistent fortement sur la nécessité de garantir l’autonomie stratégique de l’UE à l’aune de la crise sanitaire.

Dès les premiers paragraphes du rapport, le ton est donné par les parlementaires. Ils soulignent ainsi que la stratégie doit viser « un leadership » et « une autonomie stratégique », n’hésitant pas à citer des « investissements massifs » afin d’assurer une compétitivité « mondiale » de l’industrie européenne.

Les eurodéputés vont même plus loin et parlent de « relocalisation intelligente » afin de redéployer les industries en Europe face à une concurrence internationale jugée aussi « déloyale » et « faussée » à l’échelle mondiale. Ils demandent à la Commission européenne d’agir également contre les rachats « hostiles » d’entreprises par des entreprises de pays tiers « fortement subventionnées ».

Partant, à la lumière de la crise liée à la pandémie de Covid-19 qui frappe durement le secteur industriel européen, les eurodéputés ont ciblé une série d’écosystèmes qui pourraient bénéficier d’une aide financière, notamment dans le secteur de la santé, citant les gels hydroalcooliques, les ventilateurs et les équipements de protection, ou encore les masques chirurgicaux. La politique spatiale est citée notamment pour accompagner la transformation industrielle.

Toutefois, le rapport comporte des tensions, comme le note une source, puisqu’il demande à la Commission d’agir pour remédier aux perturbations touchant le marché unique. Ces tensions reflètent encore une fois l’opposition schématique entre deux blocs : le clivage entre le bloc « interventionniste » et celui du « laisser-faire » - nous explique une source - que l’on retrouve au Conseil (avec la formule d’une autonomie stratégique associée avec le respect du principe d’une économie ouverte - EUROPE 12600/20) ou à la Commission entre le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, et la vice-présidente Margrethe Vestager.

Au Parlement européen, le groupe Renew Europe incarne particulièrement ces tensions en se divisant entre un camp favorable à une politique industrielle volontariste (constitué notamment de Français, d’Espagnols et d’Italiens) et un autre constitué d'opposants et d'abstentionnistes (comprenant plutôt des eurodéputés de l’Est, de pays scandinaves et allemands) favorables à une concurrence libre et non faussée.

Pour consulter le rapport : https://bit.ly/3mfHHWI

Pour voir les résultats des votes par appel nominal : https://bit.ly/2Jbz4hp  (Pascal Hansens)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
BRÈVES
CORRIGENDUM