Le Parlement européen a condamné « avec la plus grande fermeté », jeudi 26 novembre, « le meurtre » de l’activiste biélorusse Roman Bondarenko (EUROPE 12601/22), exigeant une enquête « immédiate, approfondie, impartiale et indépendante » sur sa mort et sur les décès liés aux manifestations de plusieurs de ses compatriotes.
En adoptant la résolution commune des groupes Verts/ALE, S&D, CRE, Renew Europe et PPE (613 voix pour, 41 contre et 35 abstentions), le PE réitère sa condamnation des violations continues des droits de l’homme, les actes d’intimidation et le recours disproportionné à la force dont sont victimes les manifestants pacifiques, auxquels il apporte son soutien.
Le Parlement presse donc, une nouvelle fois, les autorités biélorusses de cesser toute forme de violence et de libérer, immédiatement et sans condition, toutes les personnes détenues arbitrairement.
Les députés demandent aussi à l’Union européenne d'apporter son soutien à une enquête internationale sur les crimes perpétrés par le régime Loukachenko contre le peuple biélorusse. Cette enquête devrait bénéficier de la mise en place d’un centre de collecte de preuves et d’un groupe de travail de l’UE composé d’experts en droit international.
Ils demandent également un « élargissement crédible » de la liste de sanctions de l’Union et un gel complet de tous les transferts de fonds de l’Union aux projets actuels contrôlés par le gouvernement ou l’État biélorusses. Et le Service européen d'action extérieure doit suspendre les négociations sur les priorités du partenariat UE/Biélorussie jusqu’à la tenue d’élections présidentielles libres et régulières, ajoute le PE. À l’inverse, l’UE et ses États membres sont invités à accroître l’aide apportée à la société civile biélorusse et aux médias indépendants.
Selon le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, 30 000 personnes ont été arrêtées à la suite des élections présidentielles controversées du 9 août. En outre, l’UE reconnaît plus de 100 prisonniers politiques, au moins 500 cas de torture ont été documentés et au moins 4 personnes tuées. (Camille-Cerise Gessant)