La Confédération européenne des syndicats (CES) a marqué une certaine appréhension, mardi 27 octobre, la veille de la présentation de la directive que la Commission européenne compte présenter pour garantir un salaire minimum décent en Europe.
« Une directive sur les salaires équitables est une bonne idée (...) Mais la question est de savoir si elle augmentera réellement les salaires minimums légaux et si elle amènera plus d'employeurs à la table des négociations », s’est interrogée la secrétaire générale adjointe, Esther Lynch. Et de lancer : « La CES évaluera si la directive est suffisamment forte, si elle peut être améliorée par les députés européens et les ministres ou si elle est si faible qu'elle doit être mise à la poubelle ».
Pour la secrétaire, la Confédération n’aura d’autre choix que de s’opposer « avec véhémence » aux propositions si elles sapent les négociations collectives ou empêchent une augmentation effective des salaires minimums.
Pour l’organisation syndicale, outre la protection et la promotion du dialogue social entre partenaires sociaux, il importe qu’« un niveau de décence » soit fixé, à savoir 60% du salaire médian ou 50% du salaire moyen. Par ailleurs, les syndicats attendent que les marchés publics fassent l’objet d’une attention particulière.
Ces demandes auraient été entendues par la Commission, à en croire une version provisoire obtenue par EUROPE (EUROPE 12589/1), qui pose de sérieux garde-fous en vue de sanctuariser le rôle des partenaires sociaux, voire même de les promouvoir. Point intéressant : la Commission a intégré un article entièrement dédié aux marchés publics afin d'empêcher les partenariats avec des entreprises qui ne respectent pas le dialogue social.
« La Commission a tenu ses promesses », se félicite une source européenne qui espère que le PE défendra bien ces propositions, appréhendant un Conseil très récalcitrant sur ce dossier législatif, notamment du côté de certains États membres de l’Est. (Pascal Hansens)