Les eurodéputés de la commission des Libertés civiles (LIBE) et de la commission des droits des femmes et de l’égalité de genre (FEMM) du Parlement européen ont tenu, lundi 26 octobre, une réunion consacrée au renforcement du cadre juridique en vigueur actuellement en matière de lutte contre la traite des êtres humains dans l’UE.
Les deux commissions parlementaires travaillent conjointement, depuis février dernier, sur un rapport relatif à la mise en œuvre de la directive de l’UE 2011/36 visant à prévenir la traite des êtres humains et à en protéger les victimes.
Le président de la commission LIBE, Juan Fernando López Aguilar (S&D, espagnol), corapporteur sur ce rapport, a ainsi qualifié cette réunion de « dernière étape » avant la présentation et l’adoption du rapport final sur le sujet, fixée au 7 décembre prochain.
Détaillant ce rapport dans les grandes lignes et les principales lacunes identifiées dans la directive 2011/36, M. López Aguilar a notamment souligné l’importance de « ne pas négliger les observations selon lesquelles les réseaux criminels tirent profit du défi migratoire ».
Il a insisté sur la nécessité de protéger les demandeurs d’asile, les réfugiés et les migrants et a, par ailleurs, rappelé que les enfants représentaient quasiment un quart des victimes de la traite d’êtres humains.
L'eurodéputé a en outre noté que des disparités dans l’application de la directive de 2011 persistaient au niveau des États membres concernant en particulier l'accès aux différentes procédures prévues par le droit communautaire pour protéger les victimes.
« Une politique européenne efficace devrait viser à ce que toutes les victimes soient identifiées et bénéficient d'une assistance en cas de besoin », a-t-il relevé.
« Délit de genre ». Un point également soulevé par María Soraya Rodríguez Ramos (Renew Europe, espagnole), rapporteur pour la commission FEMM sur ce dossier.
Mme Rodríguez Ramos a également souligné que les victimes de la traite d’êtres humains étaient pour 72% des femmes. La traite la plus commune, a-t-elle ajouté, demeure en effet l’exploitation sexuelle dont 90% des victimes sont des femmes et des jeunes filles. La majorité des criminels, en revanche, sont des hommes.
« C’est un délit de genre », a dénoncé Mme Rodríguez Ramos, plaidant pour que l’UE tienne compte de cet aspect « afin d’établir des stratégies utiles pour mettre un terme à ces crimes ».
Enfin, les deux rapporteurs ont tous deux mis l’accent sur le besoin urgent de mettre un terme à l’impunité dont jouissent les responsables de la traite d’êtres humains, un crime dont Mme Rodríguez Ramos a rappelé, en s’appuyant sur les récentes données publiées par la Commission européenne (EUROPE 12586/12), qu'il demeurait « en augmentation ». (Agathe Cherki)