La Commission européenne a adopté, mardi 27 octobre, sa proposition très incomplète sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2021 en Atlantique, Manche et mer du Nord, en raison des arrangements à trouver avec le Royaume-Uni s’agissant des stocks partagés.
Le commissaire européen à la Pêche, Virginijus Sinkevičius, a reconnu mardi qu'avec le Brexit, « nous allons devoir partager la majorité de nos stocks avec notre nouveau voisin ».
« Le Brexit rend la situation plus complexe » sur la détermination des quotas de pêche pour 2021, a-t-il ajouté en réponse à une question de la presse.
Le fait que le Royaume-Uni n'est plus un État membre de l’UE a pour conséquence que « ce pays ne prendra plus part aux négociations au Conseil. Il faut consulter le Royaume-Uni sur les stocks partagés, de la même manière que nous le faisons avec d’autres pays tiers, comme la Norvège », a expliqué le commissaire.
Stabilité et certitude. Il a ajouté qu’il ne pouvait pas évoquer les négociations en cours UE/Royaume-Uni. « Nous sommes dans une phase critique » de ces pourparlers, afin d’essayer d'atteindre un accord d’ici la fin de l’année. « Nous sommes en contact avec la Présidence allemande du Conseil pour éviter des retards dans les décisions à prendre sur les possibilités de pêche pour 2021 afin de donner aux pêcheurs autant de certitude et de stabilité que nous pouvons », a-t-il ajouté.
La Commission travaille à la conclusion d'un accord avec le Royaume-Uni sur la pêche. « Nous devons considérer tous les scénarios », ont déclaré des sources européennes mardi. « Nous espérons que nous pourrons bientôt progresser vers un accord avec le Royaume-Uni », ont-elles déclaré.
Le Royaume-Uni exige de négocier chaque année l'accès mutuel aux eaux britanniques, le volume total de pêche autorisé et les quotas alloués à chaque État.
L’UE refuse de remettre en question chaque année la répartition des quotas entre pays, car cela pourrait conduire à des affrontements entre les 27, et elle propose au Royaume-Uni le maintien des quotas et la garantie d'un accès réciproque aux eaux des deux parties.
Une proposition très incomplète. La pêche durable a considérablement progressé dans l'UE, selon la Commission. En 2020, 62 TAC sur 78 sont établis à un niveau qui permet de garantir sur de bonnes bases l'avenir de la biomasse des stocks halieutiques tout en tenant compte des facteurs socioéconomiques (rendement maximal durable ou RMD, contre seulement 5 sur 35 en 2009. Malgré l'activité de pêche réduite au cours des premiers mois de la pandémie de Covid-19, les résultats préliminaires montrent que le secteur reste rentable, avec des bénéfices bruts qui, selon les estimations, devraient atteindre 1,5 milliard € en 2020.
Parmi les TAC proposés pour 2021, citons : -13% à 3 672 tonnes pour la baudroie dans les eaux espagnoles et portugaises (Espagne 2 934 t, France 3 t, Portugal 584 t) ; -13% à 7 825 t (Espagne 4 889 t, France 469 t, Portugal 2 281 t) pour le merlu en zones ibérique et portugaise ; -11% pour les cardines (zones ibérique et portugaise) à 2 158 t ; -11% pour la langoustine dans cette zone ; +5% pour le chinchard du sud (128 627 t, dont 91 211 pour le Portugal).
Par ailleurs, la Commission propose de diminuer les prises de plusieurs stocks de plie (-69% dans le Kattegat, par exemple) et de sole (entre -8 et -42% selon les zones) et des baisses de 20 ou 30% s’agissant du lieu jaune. Pour davantage de détails : https://bit.ly/37SCmQq (Lionel Changeur)