Les Chefs d’État ou de gouvernement des Vingt-Sept débattront, vendredi 16 octobre au matin, des relations avec l’Afrique afin de préparer les prochaines étapes avant le sommet Union européenne/Union africaine, initialement programmé pour ce mois d’octobre, mais reporté à 2021 à cause de la pandémie de coronavirus (EUROPE 12564/4).
Il s’agira d’une « discussion stratégique en vue de notre prochaine réunion avec les dirigeants de l'Union africaine. Notre objectif est de renouveler et d’approfondir nos relations politiques, de les porter à un niveau plus élevé sur la base du respect mutuel et de la volonté de tenir compte des intérêts de chacun », écrit le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre d’invitation au Conseil européen.
Un Haut fonctionnaire européen a précisé, mercredi, qu'« en vue d'une réunion prochaine de haut niveau, il est important de préparer les paramètres de la relation future avec l'Afrique ».
Le débat a vocation à envoyer un signal politique pour conserver l'élan. « Nous voulons montrer qu’on ne veut pas laisser tomber cette question malgré l’annulation » [du sommet UE/UA d'octobre], a précisé une autre source.
Le projet de conclusions insiste sur la priorité qu’accorde l’UE au renforcement du partenariat stratégique UE/UA, l’Afrique étant « un partenaire naturel pour l’Union européenne », et sur l’importance d’approfondir et de renouveler la coopération dans tous les domaines pour relever ensemble « les nombreux défis à court et à long termes » dans un monde en mutation.
Le texte souligne à cet égard que « la solidarité et l'étroite coopération dans la lutte contre la Covid-19, la mise au point de vaccins et leur distribution sont essentielles » et confirme l'engagement du Conseil européen à renforcer son soutien aux pays africains en réponse à cette crise, qu’il s’agisse de renforcer les systèmes de santé et la capacité de réaction des pays africains ou de l’initiative internationale d’allègement de la dette visant à aider les pays les plus pauvres à faire face à l'impact de la pandémie.
Les dirigeants des Vingt-sept devraient d'ailleurs demander au Conseil de l’UE « de préparer une approche commune à cet égard d'ici la fin novembre 2020 ».
La discussion portera notamment sur le souhait de l'UE de travailler avec ses partenaires africains sur un programme d'investissement multisectoriel, multiniveau et avec plusieurs parties prenantes pour favoriser la transformation économique de l'Afrique.
Le Conseil européen devrait établir la liste des secteurs qu'il juge essentiels pour intensifier la coopération et les investissements, à savoir l'économie numérique et de la connaissance, les énergies renouvelables, les transports, la santé et les systèmes agroalimentaires.
L'égalité entre les femmes et les hommes, l'inclusion des jeunes, l'éducation et les compétences, la durabilité sociale, environnementale et économique et la bonne gouvernance devraient être mentionnés comme des sujets transversaux d'importance.
Le soutien de l'UE à l'intégration économique entre les deux continents et aux efforts africains en faveur de la paix et la sécurité figurent également dans le projet de conclusions.
Le Conseil européen devrait également mentionner le souhait de l'UE « d'engager les partenaires africains à traiter des questions de mobilité et de migration tant entre eux qu'entre les deux continents » - une formulation suffisamment floue pour mettre tout le monde d'accord.
Pour voir le projet de conclusions : https://bit.ly/33RcDWe (Aminata Niang)