Plusieurs eurodéputés ont appelé à la création d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur la situation des établissements de longue durée, notamment ceux accueillant les personnes âgées, dans le cadre de la première vague de la pandémie, lors d’un débat d’actualité, jeudi 8 octobre.
Les personnes dans ces établissements constitueraient 30% à 50% des personnes ayant succombé à la Covid-19, selon les eurodéputés. Souvent, ces établissements ont été des hôpitaux de fortune, où les personnes âgées meurent isolées de leurs proches, souvent sans pouvoir accéder aux traitements adaptés. Partant, plusieurs eurodéputés, à l’instar de Dragoș Pîslaru (Renew Europe, roumain), Pierfrancesco Majorino (S&D, italien) ou encore Tilly Metz (Verts/ALE, luxembourgeoise), demandent une enquête, voire la constitution d'une commission d’enquête au PE.
De son côté, Milan Brglez (S&D, slovène) demande de tirer des leçons de la crise au plus vite et veut créer un cadre commun européen pour les soins de longue durée fondé sur les droits de l'homme et la solidarité sociale. Ce cadre, selon le Slovène, devrait être fondé sur les besoins globaux des personnes et, en plus des soins de santé, offrir également un soutien social et psychologique.
D’une manière générale, plusieurs eurodéputés ont regretté la tendance dans les États membres de privilégier « la mise en institution » des personnes âgées plutôt que des politiques visant à les maintenir le plus longtemps chez elles, comme l’a noté Sylwia Spurek (Verts/ALE, polonaise).
La commissaire à la Démocratie et à la Démographie, Dubravka Šuica, a rappelé que la Commission européenne avait lancé une consultation en vue d’alimenter le livre vert sur le vieillissement ('ageing green paper') qui devrait être présenté dans le courant du premier trimestre 2021. Quant à un renforcement du rôle de l’Union dans le domaine de la santé et des soins de longue durée, la commissaire a estimé que ce sera à la Conférence sur l’avenir de l’Europe de trancher.
AGE Europe sur le pied de guerre. AGE Europe, un réseau d’associations représentant les intérêts des personnes âgées de plus de 50 ans, s’est félicité de la tenue de ce débat, qui est en soi la preuve que les législateurs s’intéressent à la situation problématique de ces établissements, situation que l’association européenne dénonce depuis le début de la crise (EUROPE 12490/34).
Pour l’organisation, il est nécessaire d’aller au-delà des mesures déjà sur la table pour soutenir le secteur de la santé ; la Commission doit user de son pouvoir pour présenter de nouvelles initiatives législatives pour mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux (la priorité 18) et la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (article 19). (Pascal Hansens)