L’Union européenne devrait officiellement adopter, dans les prochains jours, des sanctions à l’encontre du 85e Centre principal des services spéciaux (GTsSS) de la Direction principale de l'État-major général des forces armées de la Russie (GRU) – également appelé unité militaire 26165 -, de son directeur, Igor Kostyukov, et d’un de ses officiers, Dmitry Badin, selon des documents obtenus par EUROPE.
Ainsi, l’UE estime que « ces personnes et cet organisme sont responsables ou ont été impliqués dans des cyberattaques ayant un effet significatif et constituant une menace extérieure pour l'Union ou ses États membres, en particulier la cyberattaque contre le Parlement fédéral allemand (Deutscher Bundestag), qui a eu lieu en avril et mai 2015 ».
Selon l’Union, M. Kostyukov et le 85e Centre auraient également des responsabilités dans la tentative de cyberattaques contre l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques en avril 2018.
Ces deux Russes et cette unité devraient faire l’objet d’un gel de leurs avoirs et, pour les deux hommes, d’une interdiction de voyager dans l’UE. Il est aussi interdit aux personnes et aux entités de l'UE de mettre des fonds à la disposition de ces personnes et entités sanctionnées.
Une source européenne a précisé à EUROPE que ces sanctions pourraient être adoptées le 22 octobre, mais la procédure écrite n’a pas encore été lancée.
Ce n’est pas la première fois que l’UE adopte des sanctions contre le GRU dans le cadre de cyberattaques. Depuis le 30 juillet dernier (EUROPE 12539/2), le Centre principal des technologies spéciales (GTsST) de la Direction générale du renseignement du GRU, jugé responsable de la cyberattaque ‘NotPetya’, fait l’objet de mesures, tout comme trois officiers du GRU qui, selon l’UE, ont participé à la tentative de cyberattaque contre l’OIAC.
Trois citoyens chinois et deux entreprises, basées respectivement en Chine et en Corée du Nord, font également l’objet de sanctions en lien avec les cyberattaques. (Camille-Cerise Gessant)