La ministre allemande de l'Agriculture, Julia Klöckner, a déclaré, mercredi 15 juillet à Bruxelles, qu’elle souhaitait une politique agricole commune (PAC) « forte » après 2020.
Avant de présenter les priorités de la Présidence allemande du Conseil devant la commission de l’agriculture du Parlement, Julia Klöckner a déclaré qu’une « Europe forte nécessitait une PAC forte ». Elle a également estimé que le budget de la PAC devait être suffisamment doté et que la PAC devait être plus verte et plus durable. Le budget de la PAC dépendra, bien entendu, de l’issue des négociations au plus haut niveau sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027.
Elle a rappelé les priorités allemandes que sont les propositions réformant la PAC, les mesures transitoires 2020 et 2021 pour la PAC, un étiquetage européen sur le bien-être animal ou encore la question de l'étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages des produits alimentaires (EUROPE 12519/13). La numérisation est aussi importante, a ajouté la ministre allemande, « pour résoudre des conflits en utilisant les techniques modernes ».
Devant la commission de l’agriculture, Mme Klöckner a estimé qu’un accord sur la future PAC devait intervenir d’ici la fin de l’année 2020.
Le président de la commission de l'agriculture du PE, Norbert Lins (PPE, allemand), a prôné un budget « fort » pour la PAC post-2020 et a rappelé que le vote du PE sur la PAC réformée devrait intervenir en octobre (voir autre nouvelle).
Période transitoire. La ministre allemande a espéré qu’un accord rapide interviendra sur les mesures transitoires « 2020 et 2021 » pour la PAC, alors que la Commission continue d'insister pour une période transitoire d'un an. Norbert Lins a aussi demandé une période transitoire de deux ans pour la PAC. Il faudra rendre la PAC plus « verte » pendant cette période transitoire, a insisté la ministre allemande de l’Agriculture.
Respect du traité. Le coordinateur du groupe PPE, Herbert Dorfmann (italien), a estimé que le PE devait être consulté sur certaines modalités de la PAC qui seront décidées par le Conseil européen (plafonnement des aides, transferts entre piliers).
Pacte vert européen. Il faudrait débarrasser la stratégie 'de la ferme à la table' des éléments idéologiques, a estimé M. Dorfmann. Ulrike Müller (Renew Europe, allemande) a rappelé que les objectifs de réduction (-50%) de l’utilisation des pesticides, figurant dans les stratégies ‘de la ferme à la table’ et ‘biodiversité’, inquiétaient beaucoup les agriculteurs.
Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a interrogé la ministre sur la part du budget agricole qui devrait être consacrée aux mesures environnementales.
Mme Klöckner a estimé qu’il fallait concilier sécurité alimentaire et le besoin de réduire de 50% l’utilisation des pesticides.
Grâce aux accords commerciaux, on peut imposer des normes plus élevées aux pays tiers, a-t-elle estimé au sujet de l’accord UE/Mercosur.
Développement rural. Paolo De Castro (S&D, italien) a estimé qu’il ne fallait pas attendre 2023 pour verser l’enveloppe de 15 milliards d’euros prévue dans le cadre du plan de relance de l’économie (EUROPE 12524/9).
La PAC au menu du Conseil du 20 juillet. Les ministres européens de l'Agriculture feront à nouveau le point sur la PAC post-2020 le 20 juillet (EUROPE 12516/5).
En outre, la délégation tchèque présentera une déclaration commune des ministres de l'Agriculture du groupe de Visegrád (République tchèque, Hongrie, Pologne et Slovaquie) (signée aussi par la Bulgarie et la Roumanie) sur la réforme de la PAC à la lumière du ‘Pacte vert européen’, des stratégies ‘de la ferme à la table’ et 'biodiversité' et de la pandémie de Covid-19 (https://bit.ly/2Outdmc ). (Lionel Changeur)