Le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont mis l'accent sur les intérêts communs de l'UE et de l'Inde, mercredi 15 juillet, à l'issue du sommet virtuel avec le Premier ministre indien, Narendra Modi.
Les deux « plus grandes démocraties au monde » doivent creuser davantage leur potentiel de coopération, en renforçant cette dernière dans des domaines clefs, ont exhorté les dirigeants européens auprès de M. Modi : changement climatique, transition numérique, multilatéralisme... Cette volonté a été transcrite sur papier, avec l'adoption de l'Agenda 2025 (https://bit.ly/3frRhCe ).
« L'UE souhaite jouer un rôle plus important dans la région et en tant qu'acteur mondial. Le dialogue de fond engagé (ce mercredi) avec l'Inde renforcera ces objectifs stratégiques », a dit M. Michel à l'issue du sommet.
« La réunion a clairement montré que l'UE et l'Inde souhaitent toutes deux renforcer leurs relations stratégiques pour l'avenir (...) L'Inde peut compter sur l'Union européenne. Et nous comptons sur l'Inde pour être un partenaire clef », a-t-il ajouté.
Coopérer sur la question climatique
Mme von der Leyen, pour sa part, a pointé d’emblée les défis, mais aussi les atouts au cœur de la transition économique appelée par le 'Pacte vert' européen. « L'action climatique et la transition verte doivent être au cœur de notre reprise économique, aussi bien dans l'Union européenne qu'en Inde », a-t-elle martelé en conférence de presse. « Cela signifie faire des choix difficiles, comme l'élimination progressive du charbon », a concédé la présidente de la Commission à l’égard de son partenaire asiatique.
La création, lors de ce sommet, d’un dialogue spécifique sur le changement climatique devrait permettre de renforcer la coopération bilatérale en la matière, notamment dans des domaines où l’Inde a un avantage comparatif, comme l'énergie solaire ou encore l’économie circulaire. « Au niveau mondial, nous ne ferons aucune différence si nous ne travaillons pas avec des partenaires comme l'Inde », a observé Mme von der Leyen.
La déclaration commune publiée à l'issue du sommet énumère plusieurs forums et pistes pour renforcer cette collaboration et peser en ce sens au niveau mondial.
Et sur le numérique
Selon Mme von der Leyen, l’Inde est aussi un « partenaire naturel de l’UE » concernant la transformation numérique, car les deux parties partagent « une approche centrée sur l’humain ». Si la coopération dans ce domaine est « déjà florissante », « il existe encore un énorme potentiel de renforcement de la coopération », a estimé la présidente de la Commission. Selon leur déclaration commune, les deux parties vont ainsi renforcer les convergences entre leurs cadres réglementaires pour assurer un niveau élevé de protection des données à caractère personnel ou relatives à la vie privée et travailler de concert sur la 5G et l'intelligence artificielle pour un déploiement en toute sécurité et éthique.
Les deux parties promettent aussi de développer davantage les consultations en matière de sécurité et de défense et les contacts militaires et de renforcer leur coopération pour lutter contre le terrorisme, la criminalité organisée et les cybermenaces et pour la sécurité maritime. La coopération sera également poursuivie sur les questions internationales et régionales d'« intérêt commun, y compris l'Iran et l'Afghanistan ».
Mme von der Leyen et M. Michel n’ont pas non plus manqué de rappeler que l’UE et l’Inde étaient les deux plus grandes démocraties au monde. « Nous devons travailler plus étroitement pour promouvoir et protéger nos intérêts partagés, fondés sur un multilatéralisme efficace, sur l’État de droit et les droits de l’homme », a plaidé Mme von der Leyen alors que M. Michel a précisé que le Dialogue bilatéral sur les droits de l'homme allait se poursuivre.
Et après 13 ans de négociations, l'UE et l'Inde ont également signé l'accord Euratom-Inde, qui stimule la coopération en matière de recherche et de développement pour l'énergie nucléaire pacifique.
Lancement d'un dialogue politique sur le commerce
Quant aux relations économiques, il est également question « de libérer leur plein potentiel » dans le cadre d’une reprise durable. Les parties ont annoncé le lancement d’un dialogue au niveau ministériel. Il permettra d’étudier ensemble les pistes en faveur d’accords commerciaux et d'investissement « équilibrés, ambitieux et mutuellement bénéfiques, ouvrant les marchés et créant des conditions de concurrence équitables des deux côtés », lit-on dans la déclaration. Ce dialogue permettra aussi de soulever les points de friction dans la relation commerciale (EUROPE 12527/20), de renforcer la gouvernance économique mondiale, notamment dans le cadre du G20, que l’Inde présidera en 2022, ainsi que de favoriser la coordination indo-européenne sur des questions d’ordre multilatéral, notamment en vue de « préserver, renforcer et réformer l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ». L’UE espère d'ailleurs que l’Inde pourra apporter son soutien à une réforme de l’OMC qui intègre ses valeurs durables.
Voir la déclaration commune UE-Inde : https://bit.ly/2ZvkI0N (Hermine Donceel et Camille-Cerise Gessant)