Ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’y était engagée devant les eurodéputés la semaine passée (EUROPE 12508/11), le collège des commissaires a tenu, mercredi 24 juin, un débat sur le racisme et le manque « de diversité et d’équité » dans l’UE.
La vice-présidente de l’institution chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, a indiqué à l’issue du débat que des actions concrètes en la matière seraient annoncées à l’automne.
Pour l’heure, les commissaires se sont contentés d’évaluer des « pistes d’action potentielles ». Ils ont, par exemple, envisagé l’élaboration d’un plan d'action pour l'égalité des minorités raciales et ethniques en Europe et admis qu’il serait bon de travailler à accroître la diversité au sein de la Commission en « identifiant les origines des lacunes et en y répondant dans le recrutement, la formation et l'environnement de travail ».
Leurs discussions ont également porté sur le rôle de l'éducation, de la culture, des médias, ainsi que des régions et des villes, a précisé la vice-présidente, soulignant que le racisme se manifeste notamment dans des secteurs tels que le logement et les services publics, dont les régions et les communautés locales sont souvent responsables.
Mme Jourová a par ailleurs indiqué que la Commission souhaiterait voir les financements communautaires « mieux exploités », notamment en faveur de l’égalité des chances.
Passé colonial. Interrogé sur les appels, lancés en Belgique notamment, à faire disparaître les monuments publics érigés à la gloire de figures racistes ou colonialistes, le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a estimé qu’il ne s’agissait pas là, selon lui, de « la meilleure solution ».
Il a jugé préférable « d'insister sur la recherche, le débat et l'analyse de la mémoire ».
Précisant qu’un travail serait mené au sein du Parlement belge par une commission consacrée au passé colonial du pays, M. Reynders a reconnu que l’UE devrait « peut-être réfléchir au même type de processus au niveau européen ». (Agathe Cherki)