Le ministre portugais des Finances et actuel président de l'Eurogroupe, Mário Centeno, a annoncé, mardi 9 juin, qu'il démissionnerait à la mi-juin de sa fonction ministérielle qu'il occupe depuis 2015.
M. Centeno, à qui on prête des relations difficiles avec le Premier ministre, António Costa, convoite le poste de gouverneur de la Banque du Portugal, mais l'opposition politique est contraire à sa désignation. Il sera remplacé à son poste ministériel par l'actuel secrétaire d'État au Budget, João Leão.
« Mon rôle en tant que président de l'Eurogroupe prendra fin au 13 juillet. Jeudi, j'informerai mes homologues de l'Eurogroupe de ma décision de ne pas briguer un second mandat, puisque je vais démissionner de ma fonction de ministre portugais des Finances à partir du 15 juin », a déclaré M. Centeno via Twitter.
Une nouvelle candidature à la présidence de l'Eurogroupe venant d'un pays du sud de l'Europe n'est pas exclue. Elle maintiendrait l'équilibre géographique trouvé après la nomination en février du diplomate finlandais Tuomas Saarenheimo à la tête du groupe de travail Eurogroupe chargé de préparer les travaux de la réunion des ministres des Finances de la zone euro (EUROPE 12427/27).
L'Eurogroupe se réunira jeudi 11 juin pour faire le point sur la situation économique alors que la crise infligée par la pandémie de Covid-19 fait craindre la pire des récessions en temps de paix depuis 1929. Cette réunion sera aussi l'occasion de lancer l'appel à candidatures pour l'élection du remplaçant de M. Centeno, le 9 juillet prochain.
En négociant la création de trois filets de sécurité pour les États, les personnes touchées par le chômage partiel et les entreprises européennes, l'Eurogroupe a été au cœur des décisions économiques et budgétaires prises dans l'urgence au niveau européen pour répondre à la crise provoquée par le coronavirus. Il a joué un rôle dans les discussions ayant conduit à la proposition par la Commission d'un Plan de relance pour l'Europe (EUROPE 12494/2). (Mathieu Bion)