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Bulletin Quotidien Europe N° 12502
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Entre rejet de la relocalisation obligatoire et appel à un mécanisme de secours en mer, les prises de position se multiplient sur le futur Pacte 'asile et migration'

Les États membres, mais aussi les groupes politiques du PE comme le S&D, continuent de prendre position sur les contours du futur Pacte sur l’asile et la migration que la Commission a dit espérer pouvoir adopter à la fin du mois de juin.

Le 4 juin, après une série de documents de réflexion, dont ceux de Berlin, Rome, Paris et Madrid (EUROPE 12469/7), les pays dits de Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque ou 'V4') associés à trois autres États (la Lettonie, la Slovénie et l’Estonie) ont écrit à la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, et au vice-président chargé de la promotion du Mode de vie européen, Margaritis Schinas, pour partager leurs attentes et rappeler qu’ils sont opposés à tout système de relocalisation obligatoire.

Au PE, c’est le groupe S&D qui a écrit le 9 juin à la Commission pour militer en faveur d’un vrai dispositif de recherche et secours en mer.

Pour la Commission, ces contributions sont utiles pour alimenter la réflexion en cours, a-t-elle commenté.

Les ‘Visegrad’ ne veulent toujours pas de relocalisation contraignante

Dans leur lettre (https://bit.ly/3dZ1nKl ), les 7 pays soulignent que les « migrations incontrôlées représentent l'une des menaces les plus graves pour la cohésion et l’avenir de l'UE » et que l’UE « a besoin d'un système de gestion des migrations réellement complet et résistant aux crises ».

Pour cela, il faut prendre « toutes les mesures nécessaires afin d'améliorer la protection des frontières extérieures » et la priorité devrait être la mise en œuvre du nouveau mandat de l’Agence Frontex (10 000 agents en 2024) ainsi que les procédures obligatoires aux frontières. Il faut encore améliorer et accélérer la réalisation des retours dans les pays d’origine ou de transit.

Sur la solidarité en temps de crise migratoire, ils soulignent que la réforme doit être « fondée sur un consensus entre tous ». Ils se disent « favorables à un renforcement de la solidarité avec les États membres de première ligne en ce qui concerne un soutien financier, technique, opérationnel et d'expertise ». Mais ils réitèrent leur « ferme objection à la relocalisation obligatoire des demandeurs d’asile et migrants de toutes sortes ».

Ces 7 pays se disent toujours convaincus qu’un tel dispositif aura un puissant effet « d’appel d’air », créant « des incitations pour les passeurs et les trafiquants de migrants ». La solidarité « doit être comprise dans des termes beaucoup plus larges - le catalogue des mesures possibles doit être adapté aux préférences et aux possibilités des États membres », concluent-ils. L'Autriche, traditionnellement opposée à la relocalisation obligatoire, n'a pas signé cette lettre. Toutefois, un porte-parole du gouvernement autrichien a indiqué que cela ne signifiait pas que l'Autriche n'est plus opposée à la relocalisation obligatoire ou que sa position est plus flexible. Vienne prépare aussi une contribution pour le Pacte. 

Le S&D insiste sur le sauvetage en mer

De leur côté, plusieurs élues du S&D emmenées par la présidente espagnole du groupe, Iratxe Garcia Perez, ont écrit dans une lettre datée du 9 juin (https://bit.ly/3cJBe xD) : « nous ne pouvons pas permettre que des États membres de première ligne, comme l'Italie et Malte, qui reçoivent la majorité des migrants fuyant la Libye, y compris ceux qui cherchent une protection internationale, soient laissés seuls ».

Le régime d'asile européen doit donc être remanié d’urgence « en mettant l'accent sur la solidarité entre les États membres, y compris par le biais d'un mécanisme obligatoire de relocalisation et réinstallation ». Un mécanisme permanent de sauvetage en mer, tel celui qui a été demandé par plusieurs États (Rome, Madrid, Berlin et Paris l’ont fait), est « plus urgent que jamais », disent encore ces élues, qui attendent que le Pacte présente « une approche plus durable et permanente de la recherche et du sauvetage en mer » avec « un mécanisme de débarquement des migrants dans un lieu sûr et un mécanisme de relocalisation durable et équitable ».

La Commission a promis une approche plus stable et prévisible dans son Pacte alors que la situation actuelle montre ses limites, à l’image de Malte, qui a accepté, le 7 juin, le débarquement de 425 personnes et n’a reçu à ce stade que l’aide de trois pays pour les prendre en charge, à savoir la France, le Luxembourg et l’Italie. (Solenn Paulic)

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