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Bulletin Quotidien Europe N° 12502
POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Le directeur administratif d'Eurojust accusé de fraude, de mauvaise administration et de harcèlement par des employés

Fraude, corruption, abus de pouvoir, mauvaise administration, harcèlement : voici les lourdes accusations portées par un groupe d’employés d’Eurojust, l’Agence de coopération judiciaire de l’UE, à l’encontre de leur directeur administratif, Nick Panagiotopoulos.

Une plainte, déjà adressée à l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) ainsi qu’au commissaire européen à la Justice, a été envoyée anonymement par courriel, lundi 8 juin, aux membres du collège d'Eurojust, aux syndicats du personnel des organes de l'UE ainsi qu'à quelques médias européens, dont EUROPE.

Les auteurs du courriel accusent M. Panagiotopoulos d'avoir fraudé pour obtenir son poste en 2017, en détruisant les meilleures candidatures reçues en sa qualité de chef des ressources humaines. « De nombreuses autres candidatures en suspens de candidats plus expérimentés ont mystérieusement disparu de son bureau », expliquent-ils.

D'après ces allégations, il serait en outre à l'origine de plusieurs licenciements abusifs de chefs d'unité très compétents, dont il aurait détruit la carrière uniquement parce qu'ils étaient en désaccord avec sa vision ou constituaient un obstacle à ses projets.

La plainte mentionne aussi le cas de harcèlement et de licenciement abusif d'une employée enceinte avant la fin de sa période d'essai et évoque un épisode au cours duquel M. Panagiotopoulos aurait obligé deux chefs d'unités à lui fournir les données personnelles protégées des employés afin de pouvoir s'en servir contre eux à de mauvaises fins.

« Comme dans un régime autoritaire »

Les employés ne mettent pas seulement en cause M. Panagiotopoulos, mais aussi son équipe, composée de plusieurs de ses « fidèles amis » qu'il aurait réussi à placer à de hauts postes, selon eux, citant notamment : Vincent Jamin, Roberto Lenti, Claudia Trif, Nicolas Karayannis, (...), Cecilia Thorffin ou encore Ykje Vrancken Peeters.

« Il contrôle son équipe et tous ensemble aiment nous voir intimidés et effrayés, comme dans un régime autoritaire », écrivent-ils. 

L'ancienne présidente d'Eurojust, Michèle Coninsx, aurait joué un rôle particulier dans la promotion de M. Panagiotopoulos et aurait couvert ses actions, selon eux. Le président actuel d'Eurojust, Ladislav Hamran, ferait de même.

« C'est de la folie totale ! Il n'y a pas de liberté d'expression et il est difficile de travailler et d'être productif dans cet environnement malsain et sous la terreur constante », dénoncent-ils.

Les auteurs du courriel regrettent qu'en exposant ainsi publiquement les agissements de M. Panagiotopoulos, la réputation d'Eurojust risque d'être entachée, mais dénoncent une situation devenue insupportable pour eux. Ils appellent les responsables de ces actes à démissionner afin d'« ouvrir une nouvelle ère pour Eurojust, exempte de corruption, de fraude et de harcèlement ».

La plainte anonyme a été discutée, mardi 9 juin, par le collège d'Eurojust, nous a fait savoir le porte-parole de l'Agence. « Eurojust s'engage fermement en faveur de la légalité et de la transparence et estime que les allégations ne reflètent pas la réalité de son lieu de travail », a-t-il indiqué.

Dans tous les cas, l'Agence se dit prête à coopérer dans le cadre d'une enquête indépendante qui, dans l'intérêt de toutes les personnes concernées, devrait traiter cette question rapidement, a-t-il précisé. (Marion Fontana)

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