La lettre sur le projet de loi validant un état d'urgence à durée indéterminée en Hongrie en réponse à la pandémie mondiale de Covid-19, qu'a envoyée le 24 mars la Secrétaire générale du Conseil de l'Europe, Marija Pejčinović Burić, était claire, mais courtoise (EUROPE 12453/27). La réponse du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, datée du mercredi 25 mars est brève et cinglante.
Revenant sur les mises en garde de Mme Pejčinović Burić, M. Orbán prie son interlocutrice d'« étudier le texte exact du projet de loi » et d'« examiner les pratiques juridiques similaires » adoptées dans les autres États membres. Avant de conclure : « Si vous n'êtes pas en mesure de nous aider dans la crise actuelle, veuillez au moins vous abstenir d'entraver nos efforts défensifs ».
Lundi, la Commissaire aux droits de l'homme, Dunja Mijatović, avait insisté sur un contrôle parlementaire et judiciaire de l'état d'urgence ainsi que sur la liberté de la presse (EUROPE 12452/27). Mme Pejčinović Burić mettait en garde le gouvernement hongrois contre « un état d'urgence de durée indéfinie et sans contrôle » qui ne permette pas de garantir le respect des principes démocratiques fondamentaux. Elle réclamait que les mesures d'urgence soient « strictement proportionnées à la menace qu'elles sont supposées contrer ». (Véronique Leblanc)