La Commission européenne a clarifié son projet de constituer un répertoire européen des données mobiles pour lutter contre le Coronavirus (EUROPE 12453/4). Dans un courrier adressé le 25 mars à la députée Sophie in't Veld (Renew Europe, néerlandaise), le commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, assure que toutes les garanties seront respectées.
L'idée de la Commission européenne de mettre à contribution des opérateurs de télécommunications avait soulevé une série de préoccupations, comme en témoigne la lettre du contrôleur européen de la protection des données. Dans ce document daté du 25 mars, Wojciech Wiewiórowski rappelle que seules des données totalement anonymisées tombent hors des règles européennes de confidentialité. Il enjoint à la Commission de définir les 'ensembles de données' qu'elle entend obtenir.
À la députée Sophie in't Veld, qui s'inquiétait pour les droits des citoyens européens, le commissaire Breton promet que l'objectif n'est pas de tracer la population. Selon lui, il s'agit d'« anticiper l'évolution de la propagation de la pandémie et, en particulier, son pic dans chaque pays », afin de mieux prévoir les besoins en équipement médical. Il explique que le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission travaille actuellement à modéliser cette évolution et pourrait alimenter ses travaux avec des données mobiles pour gagner en précision. Et ce, dans la mesure où ces métadonnées permettent de prendre en compte l'impact des mesures du confinement prises par les États membres, poursuit le commissaire.
« La Commission ne compromettra pas la vie privée des citoyens. Elle agira comme le contrôleur des données et garantira une utilisation appropriée des données selon les objectifs spécifiques », précise M. Breton, affirmant que les données obtenues seront supprimées dès que la situation d'urgence touchera à sa fin. (Sophie Petitjean)