Les élus des groupes S&D, Verts/ALE et GUE/NGL au Parlement européen ont écrit, mercredi 25 mars, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au vice-président chargé de la promotion du mode de vie européen, Margaritis Schinas, et à la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, pour leur demander d’enquêter sur les différentes violations des droits fondamentaux et du droit européen qu’ils estiment être commises par le gouvernement grec.
Dans cette lettre, ils disent avoir assisté au cours des dernières semaines « à une grave détérioration des droits fondamentaux et de l'État de droit ». « Tout d'abord, nous avons de sérieuses inquiétudes concernant l'utilisation de l'épidémie de Covid-19 pour justifier le refus du droit de demander une protection internationale à nos frontières, la détention des demandeurs d'asile et les retours forcés vers des situations de danger ».
Les groupes dénoncent la suspension pour un mois des dépôts de demandes d’asile entre le 1er et le 31 mars, adoptée le 26 mars par le parlement grec, et qui fera que toutes les personnes entrées illégalement sur le territoire grec sur cette période « sont automatiquement détenues, y compris des mineurs », disent les trois groupes parlementaires, demandant que ces personnes puissent déposer une demande d’asile.
Les trois formations se disent aussi très préoccupées « par les mesures annoncées par les autorités grecques pour empêcher la présence du Covid-19 dans les hotspots ainsi que la décision de transformer plusieurs hotspots en centres de détention fermés ». Ils craignent aussi que Frontex se livre à des violations du droit dans ses opérations de retour ou dans les opérations de surveillance aux frontières.
Le sujet a été évoqué le 24 mars par les ministres européens de l’Intérieur, lors de leur téléconférence, et les pays dits 'de première entrée' ont fait part de certaines difficultés avec le système d’asile, notamment en raison des risques sanitaires. Les transferts de demandeurs d'asile dans ces pays de première entrée ont aussi été considérés par certains comme un potentiel problème.
Selon la Commission, le nombre d’arrivées irrégulières de migrants n’aurait pas augmenté en mars. (Solenn Paulic)