login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12441
Sommaire Publication complète Par article 10 / 30
ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

Les Européens saluent prudemment l’annonce d’un cessez-le-feu

Les ministres européens des Affaires étrangères ont salué prudemment, vendredi 6 mars, l’annonce, la veille, d’un cessez-le-feu à Idlib par les présidents russe et turc (EUROPE 12440/15).

« C’est une bonne nouvelle, au moins un signe de bonne volonté », a notamment expliqué le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, à son arrivée au Conseil des Affaires étrangères extraordinaire, tout en attendant de voir comment ce cessez-le-feu allait fonctionner. Dès vendredi, quinze personnes auraient été tuées dans des affrontements entre forces du régime et rebelles.

Dans une déclaration publiée à l'issue de la réunion, le Conseil, prenant acte des résultats de la rencontre turco-russe, réitère « dans les termes les plus énergiques possible », son appel à toutes les parties « pour qu'elles maintiennent en place un cessez-le-feu immédiat et durable, qu'elles garantissent la protection des civils au sol et dans les airs et qu'elles permettent à la communauté internationale de fournir sans entrave l'aide humanitaire ». Selon M. Borrell, un cessez-le-feu est une « précondition à une augmentation de l’aide humanitaire ».

Le Conseil appelle à une « désescalade urgente du conflit en Syrie afin d'éviter un glissement vers une confrontation militaire internationale et de prévenir de nouvelles souffrances ».

Et s'ils reconnaissent la présence de groupes terroristes désignés par les Nations Unies dans la région, les ministres rappellent que les attaques aveugles et la destruction des infrastructures civiles, y compris les installations sanitaires, les écoles et les camps de personnes déplacées, par le régime syrien et ses alliés ne peuvent en aucun cas être justifiées et doivent cesser. 

Interrogé sur la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, souhaitée par le ministre néerlandais Stef Blok (EUROPE 12439/10), M. Borrell a rappelé que la question ne portait pas sur ce que l’on veut, mais sur ce que l’on peut faire. « La vie politique est un bon équilibre entre vos objectifs et vos capacités. Si vous oubliez vos capacités et que vous ne pensez qu'à vos objectifs, alors ce n'est pas politique, c'est magique », a-t-il lancé, précisant que la décision n'appartenait pas à l'UE. 

Conférence sur la Syrie fin juin à Bruxelles

En fin de compte, la solution au conflit sera politique. Le Conseil engage donc le régime syrien à revenir à la table des négociations. « L'UE encouragera activement un effort renouvelé et concerté de la communauté internationale afin de faire face à la crise syrienne et d'ouvrir la voie à une solution politique », ajoute-t-il, précisant que l’UE s’occupait en priorité de la situation humanitaire. Le Haut Représentant a annoncé la tenue, les 29 et 30 juin à Bruxelles, de la 4e conférence internationale sur la Syrie, afin de réunir la communauté internationale pour discuter du processus politique et faire de nouvelles promesses financières.

L’UE, pour sa part, a annoncé, le 4 mars, 60 millions d'euros pour la région d’Idlib (EUROPE 12439/10). « Il faut continuer à permettre un accès sûr, durable et immédiat aux populations dans le besoin, dans le plein respect du droit humanitaire international », exhortent les Européens. Plus d’un million de personnes, dont 80% seraient des femmes et des enfants, ont été déplacées par les derniers combats.

Le Conseil demande également la prolongation de la résolution 2165 de 2014 du Conseil de sécurité des Nations unies sur l'accès transfrontalier. Cela permettrait de « garantir que l'aide humanitaire, y compris les fournitures médicales et chirurgicales, parvienne aux personnes dans le besoin dans toute la Syrie par les voies les plus directes ».

Ne pas céder au chantage

Tout en reconnaissant « la charge migratoire et les risques accrus auxquels la Turquie est confrontée sur son territoire et les efforts substantiels qu'elle a déployés pour accueillir 3,7 millions de migrants et de réfugiés », les ministres refusent de céder au chantage d'Ankara et rejettent « fermement l'utilisation par la Turquie de la pression migratoire à des fins politiques ».

M. Borrell a martelé qu’il ne fallait pas tenter d’aller aux frontières de l’UE, qui ne sont pas ouvertes. « Encourager les migrants et les réfugiés à tenter de passer illégalement les frontières n’est pas un moyen acceptable pour pousser l’UE à un soutien supplémentaire », a-t-il ajouté.

Aucune aide financière additionnelle n’a été annoncée. « L’argent ne doit pas être un prérequis. 'Vous donnez plus d’argent, nous n’envoyons pas les réfugiés’ : ce n’est pas comme cela que l’on peut fonctionner sur le long terme », a expliqué le ministre letton Edgar Rinkevics. Si M. Blok s’est dit ouvert à un soutien financier supplémentaire, cela ne doit pas se faire « sous la menace que la Turquie exerce actuellement contre nous ». 4,7 milliards d’euros sur les 6 milliards promis ont été alloués, dont 3,2 milliards déboursés. Une source européenne a espéré que le déboursement atteindrait 4 milliards d’ici la fin de l’année.

Tout comme les ministres de l’Intérieur, mercredi 4 mars (EUROPE 12439/1), les chefs de la diplomatie ont apporté leur soutien à la Grèce, qui subit une pression « sans précédent », à Chypre, la Bulgarie et d’autres pays « qui pourraient être touchés de la même manière ». Selon le ministre croate Gordan Radman, son pays fait face à « une pression accrue du côté de la Bosnie-Herzégovine ». Le Conseil précise qu’une coopération étroite se poursuivra avec les Balkans occidentaux et demande à la Turquie de mettre pleinement en œuvre la Déclaration de 2016.

Qualifiant la situation à la frontière extérieure de l'UE d’inacceptable, les ministres préviennent que l'UE et ses États membres resteront déterminés à protéger efficacement les frontières extérieures de l'UE et que leur franchissement illégal ne sera pas toléré. « À cet égard, l'UE et ses États membres prendront toutes les mesures nécessaires, conformément au droit communautaire et international », préviennent les ministres. « Nous devons traiter ces personnes comme des êtres humains », a souligné le ministre irlandais Simon Coveney, appelant les autorités grecques à agir avec retenue.

Voir la déclaration des ministres : http://bit.ly/2Tu6XfK  (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES
CORRIGENDUM
CALENDRIER
CALENDRIER BIS