À l’initiative d’Irène Tolleret (Renew Europe, française) et de Juan Ignacio Zoido (PPE, espagnol), qui président l’intergroupe ‘vin, spiritueux et produits de qualité’ au Parlement européen, un groupe d'eurodéputés de plusieurs nationalités et groupes politiques vont demander la semaine prochaine à la Commission européenne de mettre en place un 'fonds de compensation' et de prévoir des mesures exceptionnelles pour soutenir tous les secteurs visés par les sanctions américaines.
Une lettre en ce sens, signée à ce stade par 50 députés, sera envoyée en milieu de semaine prochaine au commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski.
La Commission européenne a déjà annoncé des mesures en faveur des viticulteurs, mais, selon les députés signataires de la lettre, il convient de prévoir d’autres actions en faveur de tous les secteurs qui souffrent du conflit commercial en représailles aux subventions européennes à Airbus (EUROPE 12428/5).
Selon les eurodéputés, des mesures urgentes s’imposent pour aider les secteurs concernés à surmonter la situation actuelle et éviter la détérioration rapide des conditions du marché.
Compte tenu des doubles discussions Airbus/Boeing à l'OMC, les députés estiment qu'il convient de trouver une solution pour « exclure complètement » le secteur agroalimentaire du différend commercial.
La Commission est invitée à intégrer ce principe de 'non-rétorsion' pour le secteur agroalimentaire.
Étude d'impact. Par ailleurs, lors d’une rencontre avec la Fédération européenne des vins d’origine (EFOW), le 2 mars à Bruxelles, le commissaire Wojciechowski a indiqué que la Commission souhaitait attendre la publication d’une étude d’impact, prévue dans les prochaines semaines, avant de prendre, si besoin, des décisions qui ne concerneront pas uniquement le secteur vitivinicole, mais aussi les autres secteurs (fromages italiens ou encore huile d’olive espagnole). Tous ces secteurs sont touchés depuis le 18 octobre 2019 par la hausse des droits de douane américains (+25 %).
Pour l’EFOW, qui s’inquiète des conséquences à long terme des sanctions américaines sur le secteur vitivinicole, il est important que la Commission intervienne afin de permettre aux entreprises de continuer à exporter vers les États-Unis et ainsi, éviter une crise profonde.
Les mesures de flexibilité supplémentaires pour les programmes de promotion du secteur vitivinicole proposées par la Commission et adoptées en février par les États membres et les eurodéputés sont jugées insuffisantes pour apporter une réponse efficace à la hausse des tarifs américains. (Lionel Changeur)